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La presse boolelliste s?en prend à Bérenger
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La presse boolelliste s?en prend à Bérenger
En ces jours qui suivent la victoire du MMM-PSM aux législatives du 11 juin 1982, se multiplient les déclarations gouvernementales, ministérielles, conférences de presse, publications de documents (compromettants pour le gouvernement Ramgoolam sortant) et autres bilans financiers sur l?état de l?économie nationale, ne pouvant que démontrer un héritage catastrophique, comme après toutes les élections législatives ou presque. Il serait fastidieux de vouloir rappeler même l?essentiel de ces différentes prises de position officielles. Un incident survient toutefois au début de juillet 1982, appelé à recevoir une importance croissante au point de devenir une pierre... blanche dans notre histoire politique.
La scène se passe à l?Hôtel, non de Bourgogne, mais du Gouvernement. Les nouveaux locataires tiennent une énième conférence de presse et ont convoqué, à cet effet, cette presse, faisant partie de notre patrimoine national, au dire d?Henri Souchon.
Celle-ci se tait sur cet incident mais le journal boolelliste revient à la charge, 48 heures après, sous ce titre éloquent : ?Bérenger sappe lors cale...? L?amorce de son éditorial ne passe pas non plus inaperçue : ?Le baisère caractère de M. Paul Bérenger revient au galop. Il est vraiment difficile de chasser le naturel?.
Qu?est ce qui justifie le courroux de cette presse travailliste ? Elle accuse le nouveau ministre des Finances d?avoir mis fin brusquement et cavalièrement à la conférence de presse d?Anerood Jugnauth du 9 juillet 1982. Elle incrimine Bérenger de n?avoir pas eu la décence de permettre au Premier ministre de répondre à une question que lui adressait The Nation, de s?être emparé du micro pour répondre comme s?il était le Premier ministre de Maurice, sans compter que sa réponse usurpatrice se révèle particulièrement insultante et humiliante pour un membre de la presse mauricienne.
The Nation souligne la mine embarrassée d?Anerood Jugnauth, comme de l?ensemble de journalistes présents. Il estime qu?il serait édifiant de savoir ce que peuvent penser le Premier ministre et son adjoint, Harish Boodhoo, d?un tel manquement à la préséance d?Anerood Jugnauth sur tous les ministres formant son gouvernement. A la rigueur, le journal boolelliste se serait contenté d?une réponse de l?adjoint, au cas où le Premier ministre ne savait quoi répondre à sa question. Il rappelle que ce n?est pas la première fois que Bérenger s?arroge le droit de répondre à une question qui ne lui est pas adressée. Déjà le 16 juin 1982, il s?est permis une telle incartade, l?accuse l?éditorialiste du Nation qui y voit l?impression d?un refus du secrétaire général du MMM de se contenter d?un second rôle dans le gouvernement MMM/PSM.
Le lendemain, The Nation revient à la charge sous le titre : L?élégance de M. Paul Bérenger. Il rappelle sa question ainsi libellée : ?Monsieur le Premier ministre, avant les élections générales, le MMM disait, dans ses meetings, que le budget 1982/83 était déjà prêt et que, 48 heures après la proclamation des résultats, le pays prendrait un nouveau départ. Peut-on savoir quand ce budget 1982/83 sera présenté ??
Paul Bérenger répond alors à la place de Jugnauth et le ton de sa réponse illustre bien son impatience à clouer le bec du journaliste du Nation. Voici la réponse que lui attribue ce journal : ?Arrête raconte zistoires ! Avant élections zotte fine raconte zistoires. Après élections aussi zotte vine raconte zistoires. Cite moi ène coup cotte quiquène fine dire ki bidzet pou présenté 48 heures après résiltats élections ? Fodé la tête fêlée pou dire ène zaffaire couma ça !?
L?attitude de Bérenger, que The Nation juge agressive, pose, à son avis d?inquiétantes questions : Jugnauth n?a-t-il pas pu répondre à la question posée ? Si Jugnauth ne savait quoi répondre, ne fallait-il pas que Bérenger donne le temps à Boodhoo de suppléer à la défaillance du Premier ministre ? Pourquoi Bérenger n?a-t-il pas permis à The Nation de formuler complètement sa question ? Que pense le nouveau ministre de l?Information (Boodhoo) d?une telle maladresse ministérielle ? Accepte-t-il qu?on humilie de la sorte et publiquement la presse mauricienne ?
The Nation conclut en rappelant le meeting de Flacq où Bérenger s?est permis de menacer l?express de boycott. Chassez le naturel...
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