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La pollution mobilise à La Tour Koenig

12 décembre 2007, 20:00

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«Nos enfants ne souffrent plus que d?un vulgaire problème de légère couche de poussière, mais de difficultés pulmonaires, d?irritation des yeux et de malaise.» Ces propos de Michel Reddi, des forces vives de La Tour Koenig, s?adressent à Asraf Dulull, ministre du Logement. L?objectif d?une délégation ministérielle qui s?est rendue aux immeubles Coquillage et Tourelle, à La Tour Koenig hier matin : se rendre compte du problème de pollution dont se plaignent les habitants des logements de la National Housing Development Company (NHDC), situés à côté de l?usine de la Compagnie mauricienne de textile (CMT).

C?est ainsi que le ministre se dit pour une solution à court terme, puis dans la durée. «Sans remuer le passé», il se veut le porte-parole d?un gouvernement «responsable qui a à c?ur la qualité de vie de ses citoyens».

«Nou le zot lavi ameliore»</B>

Ni fermeture d?usine, ni mesures extrêmes ni relogement des habitants. Le ministre a cependant pris part à une réunion avec les parties concernées. Il a désigné sir Bhinod Bacha pour présider une réunion demain afin de fixer les premières mesures. « Finn construir lacaz ici, nou le zot lavi ameliore.»

Lors de la réunion, il a été confirmé qu?un comité de l?Environnement assurera un suivi complet, parallèlement à celui mené par le personnel de la CMT.

Il ne s?agissait pas donc de montrer du doigt la NHDC qui a exécuté un projet de logement social après que le gouvernement de l?époque a donné un planning clearance qui a précédé une étude d?impact environnemental. Ce dernier avait rendu ses conclusions alors que le chantier était déjà enclenché. Hier, devant les délégués de l?Environnement, de la Santé, du Logement ainsi que les représentants de l?usine et des habitants, le ministre a cependant appelé ses collègues de l?Environnement à agir au plus vite pour qu?ils établissent de strictes garanties de respect de l?environnement à suivre par la CMT.

Venus à la rencontre de la délégation ministérielle, les habitants, eux, n?ont pas manqué d?exposer leurs misères quotidiennes : un garde de sécurité fait part de ses malaises malgré sa jeunesse et sa force, «kan la fime la sorti». Une retraitée, de ses dépenses pour refaire la façade souillée de taches jaunâtres. Le ministre a reconnu qu?«on ne peut accepter que les gens vivent cloîtrés dans leur propre maison».

François Woo, directeur de la CMT, était aussi sur les lieux quelque temps après l?arrivée du ministre. Il a essuyé des remarques des habitants se disant exaspérés : «Toutes les semaines on doit retirer les rideaux qui sont maculés de poussière. Voyez, passez la main sur ma table de salon», lui indique Paola Thiboudois, une mère de trois enfants au pavillon A 25, à quelques mètres de l?usine. « J?ai bataillé pour ce toit. C?est mon huitième déménagement, je ne compte pas bouger de nouveau», a-t-elle confié plus tôt au ministre, alors que plane une odeur âcre non loin des murs de l?usine.

<B>«Prêts à rencontrer les habitants»</B>

François Woo multiplie de son côté les gestes de sympathie, parlant aux habitants et allant jusqu?à plaisanter avec eux. A propos d?une évacuation d?eaux venant de l?usine qui incommode les habitants, il se défend en arguant l?absence de drains appropriés... «Nou ena nou lengazmen social, nou pa pou demisione? Il peut y avoir des problèmes à l?usine mais dès qu?ils se posent, nous restons prêts à rencontrer les habitants», fait-il ressortir.

Les forces vives se disent pour leur part conscientes qu?il n?y a pas de solution miracle. Mais, comme Bruno Moutou, les habitants sont satisfaits de la tournure des événements. La réunion a permis, entre autres, de dissiper un malentendu sur les bilans de santé conduits par le ministère de tutelle. Le rapport, qui s?appuiera sur des radiographies d?au moins 250 personnes, pourra établir les séquelles de la pollution. Les analyses de l?Environnement sur les échappements de fumée pourront aussi guider la conduite des mesures à prendre.

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