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La politique sociale laisse beaucoup de pauvres sur la touche
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La politique sociale laisse beaucoup de pauvres sur la touche
L?Etat providence ne rend pas toujours justice aux groupes défavorisés. Ces derniers sont souvent privés de l?aide qui leur est destinée. Ainsi, les pauvres reçoivent seulement 7 % des ressources allouées à l?éducation primaire et secondaire, contre 24 % qui vont aux riches.
Les catégories sociales aisées et les classes moyennes supérieures (upper middle class) ont une grande capacité à s?approprier des prestations gratuites qui sont, selon un principe cardinal de l?Etat providence, destinées principalement aux pauvres. Faute de remise à jour, le système a fini par dévier de sa vocation première. Plus on a les moyens, mieux on sait profiter de ses failles.
Il faut instaurer une nouvelle direction à la politique sociale, soutient le secrétaire financier, Ali Mansoor, lors d?un atelier sur la pauvreté et le développement tenu durant la semaine (voir la présentation de l?intervenant en page 10).
<B>L?éducation, reflet de l?injustice</B>
?Il y a une nécessité de réorganiser nos services sociaux pour s?assurer que le gouvernement n?est pas en train de subventionner les riches au détriment des pauvres et des plus nécessiteux de la société?, dit Ali Mansoor.
Le secteur éducatif est le reflet même de cette injustice. Les familles riches absorbent près d?un quart du budget de l?éducation (primaire et secondaire). Un tiers des ressources vont aux classes moyennes supérieures. Les couches dites lower middle class bénéficient de 37 % de l?enveloppe, tandis que les pauvres ne récupèrent qu?un malheureux 7 % des ressources.
<B>Ciblage social</B>
Dans l?éducation, comme dans les services de santé, les fonds publics sont généralement déployés de manière non discriminatoire aux différents postes de dépenses. Il n?y a aucun mécanisme pour s?assurer que les groupes vulnérables bénéficient des budgets alloués et que les riches ne fassent pas une utilisation disproportionnée de l?argent disponible.
Le ciblage social demeure une arme efficace contre ces dérives. La lutte contre la pauvreté ne veut pas nécessairement dire obtenir plus de ressources financières. Il faut, en fait, réorienter les budgets sociaux pour essayer de créer le maximum d?impact chez les foyers économiquement vulnérables.
Une récente étude indique qu?il suffit de ressources équivalentes à 1 % du produit intérieur brut (PIB) sous forme de transferts directs (pension de vieillesse et autres allocations sociales) pour alléger considérablement la pauvreté. Ces prestations coûtent actuellement 3,7 % du PIB.
Il est évident que le système est défectueux et, de surcroît, économiquement peu viable. La bureaucratie de l?administration publique favorise dans beaucoup de cas le ?détournement des fonds? aux gens qui peuvent bien s?en passer.
La politique de ciblage n?est pas très répandue à Maurice. Mais là où elle est appliquée, l?expérience est encourageante. Beaucoup de pauvres et de personnes âgées s?en sortent plutôt bien grâce aux programmes de sécurité sociale. Plusieurs de ces aides telles la pension pour veuves, la pension pour handicapés et l?aide sociale ciblent des strates spécifiques à partir des enquêtes sur les ressources des personnes concernées.
22 % des transferts vont aux 10 % des Mauriciens les moins fortunés, selon le Household Budget Survey (HBS) de 2001-02. Selon Ali Mansoor, sans ces prestations sociales, le niveau de pauvreté serait passé de 8 % à 14 % en 2001-02. Ces assistances permettaient d?enlever 6 % des foyers (venant principalement des trois déciles inférieurs) du seuil de la pauvreté.
<B>Croissance décisive</B>
La basic retirement pension (BRP) demeure un filet de protection vital pour les familles avec des personnes âgées. Une élimination de la BRP aurait rehaussé le taux de pauvreté de 13 % à 49 %, selon le HBS de 2001-02.
Toutefois, la croissance économique est décisive dans le combat contre la pauvreté. La réforme économique a pour objectif de remettre l?économie sur une trajectoire de croissance ascendante en apportant des solutions aux déséquilibres structurelles de l?économie. Le projet de restructuration comprend un important composant social destiné à réintégrer les pauvres dans le mainstream de l?économie.
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