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La politique nucléaire de Téhéran ne sera pas modifiéé

27 juin 2005, 00:00

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Le président iranien élu, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré qu?il s?appliquerait à entretenir de bonnes relations avec les Etats arabes et tendrait la main à tous les pays à l?exception d?Israël, a rapporté hier le journal saoudien Okaz.

?Les Iraniens ne sont pas un peuple hostile ou ennemi?, a déclaré à Okaz le maire conservateur de Téhéran, qui semble ainsi chercher à rassurer les pays arabes qui craindraient que sa victoire électorale ne compromette les rapprochements favorisés par le président réformateur Mohammad Khatami. ?Je tendrai la main à tous (...) et je m?efforcerai de développer les relations avec chacun, à l?exception d?Israël?, a dit Ahmadinejad selon le journal.

L?Iran a été en guerre pendant huit ans avec l?Irak, de 1980 à 1988, et les relations de la République islamique avec les monarchies du Golfe demeurent tendues. Les liens de Téhéran avec le monde arabe s?étaient toutefois détendus après l?élection de Khatami en 1997, en particulier avec le ?poids lourd? régional qu?est l?Arabie saoudite.

<B>Construction d?une centrale nucléaire </B>

Le président russe Vladimir Poutine a félicité l?ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad pour son élection à la présidence de l?Iran, affirmant que Moscou maintiendrait sa coopération en matière nucléaire avec les nouveaux dirigeants de Téhéran.

Cette coopération, qui comprend la construction de la centrale nucléaire controversée de Buchehr, irrite profondément les Etats-Unis, qui redoutent que la République islamique ne se serve de la technologie russe pour mettre au point des armes atomiques. ?Je suis persuadé que votre élection, qui est le fruit de la volonté du peuple iranien, assurera la continuité dans la poursuite du partenariat entre nos pays?, déclare le maître du Kremlin au vainqueur de la présidentielle en Iran.

?La construction de la centrale électrique nucléaire de Buchehr est sur le point de s?achever, et nous sommes prêts à poursuivre notre coopération avec l?Iran dans les domaines de l?énergie et du nucléaire compte tenu des accords internationaux en matière de non-prolifération, ainsi qu?à trouver des solutions politiques mutuellement acceptables sur ce point?, écrit Poutine.

Moscou et Téhéran, dont la coopération en matière nucléaire remonte au début des années 1990, ont signé cette année un accord de fourniture de combustible ouvrant la voie à une mise en service de la centrale de Bushehr fin 2006.

Le ministère iranien des Affaires étrangères met en garde les pays occidentaux contre la tentation de juger trop vite le conservateur Mahmoud Ahmadinejad, élu président et affirme que la politique nucléaire de Téhéran ne sera pas modifiée. La victoire sans appel d?Ahmadinejad au scrutin présidentiel inspire des craintes en Occident, où beaucoup redoutent que le maire de Téhéran, connu pour son rigorisme, ne durcisse la politique étrangère du pays - en particulier dans les difficiles négociations nucléaires qu?il mène avec l?Union européenne.

Selon Hamid Reza Asefi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, la politique étrangère de l?Iran ne subira pas de changement majeur. ?Il ne fait aucun doute que notre politique de détente se poursuivra et je ne crois pas que notre macropolitique changera ?, a-t-il dit lors d?une conférence de presse hebdomadaire. ?Les pourparlers nucléaires font partie de notre macropolitique, dont nous décidons par consensus. Le changement de président ne changera rien à cela.?

<B> ?Confiance, tolérance et patience? </B>

Les grandes questions de politique extérieure dépendent en dernier ressort de l?ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique. Mais nombre d?analystes estiment que l?élection d?Ahmadinejad supprime l?influence modératrice qu?exerçait depuis 1997 le président réformateur sortant, Mohammad Khatami.

?Que les Européens veuillent faire confiance ou non à Ahmadinejad, cela les regarde, mais je crois qu?ils devraient lui faire confiance et éviter les jugements prématurés?, a dit Asefi. ?Je crois que les Européens devraient opter pour la confiance, la tolérance et la patience jusqu?à ce qu?Ahmadinejad présente son programme ?, a ajouté le porte-parole.

Durant la campagne, le futur président a réaffirmé que son pays avait le droit de mettre au point une technologie nucléaire à des fins pacifiques. Il n?a formulé aucune proposition nouvelle concernant la manière dont Téhéran compte mener ses négociations avec l?UE. L?Iran rejette les accusations américaines selon lesquelles il chercherait à se doter d?armes nucléaires, mais il n?entend pas renoncer à traiter et enrichir de l?uranium pour les réacteurs de centrales nucléaires.

?Nous tenons vraiment à parvenir à un accord avec les Européens par la discussion. Nous voulons arriver à un résultat clair?, a déclaré Asefi.

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