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La police recherche le couple Jankee

27 avril 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Vinesen ABEL

Revirement de situation dans l?affaire opposant Ambernath Mossae, Senior News Editor à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), à Kiran Chuttoo-Jankee, Freelance News Editor. Alors que le premier nommé avait été arrêté pour vagabondage après que sa collègue eut fait des allégations de harcèlement contre lui, c?est maintenant la plaignante et son époux, Vikramsing, qui sont dans le collimateur de la police.

Selon un enquêteur, Vikramsing Jankee pourrait être inculpé provisoirement de séquestration et d?agression et sa femme pourrait, elle, faire face à une accusation provisoire de fausse déclaration (effecting public mischief).

Ambernath Mossae avait été arrêté le vendredi 6 avril à Goodlands. Cela après que la police de la localité eut été informée qu?il rôdait dans la cour de Kiran Chuttoo-Jankee, 39 ans, à Petit-Raffray. Mais les enquêteurs seraient à présent en possession d?informations selon lesquelles Ambernath Mossae, 45 ans, avait en fait été traîné de force dans la cour du couple avant d?être agressé. Outre la version des villageois, qui affirment avoir assisté à la scène de violence dont aurait été victime Ambernath Mossae, la police est aussi en présence de celle d?un chauffeur de taxi de Mare-d?Albert.

Celui-ci a expliqué avec force détails que ce jour-là, il avait emprunté une route asphaltée menant au domicile des Jankee et qu?il s?était arrêté à une certaine distance pour faire marche arrière, vu que la route était coupée. C?est alors qu?un autre véhicule serait arrivé et que l?employé de la MBC aurait été tiré de force du taxi par deux hommes. Pris de peur, il dit avoir démarré en trombe. Une version qui corrobore celle de Mossae.

Kiran Jankee, elle, a argué, dans sa déposition, que ce jour-là, vers 8 h 30, Ambernath Mossae était arrivé en taxi et qu?il aurait ouvert le portail avant de l?appeler. C?est ainsi, avait-elle ajouté, que son époux Vikramsing et d?autres proches l?avaient maîtrisé avant d?alerter la police. La jeune femme a, du reste, affirmé qu?elle était victime de harcèlement de la part d?Ambernath Mossae. Argument qu?a rejeté ce dernier. Il affirme, pour sa part, qu?il entretenait, depuis environ dix mois, une liaison avec la présentatrice qui était sa collègue depuis six ans.

Messages déchiffrés

Là encore, les policiers de Goodlands auraient eu des éléments appuyant la version de Mossae. Ils affirment être en possession de la transcription de 72 SMS envoyés du téléphone cellulaire de Kiran Chuttoo-Jankee à celui d?Ambernath Mossae. Des messages très intimes dont un se lirait comme suit : «ki to pe fer mo gate ?» Six autres messages auraient été envoyés entre le 5 et le 10 mars à Ambernath Mossae alors qu?il se trouvait en Afrique du Sud. Un enquêteur les ayant lus nous confie que «là, il est difficile de dire qu?ils n?entretenaient pas de liaison intime».

Jusqu?ici, les Jankee sont encore les plaignants dans cette affaire. Les enquêteurs leur ont donné du temps pour venir s?expliquer mais pour l?heure, leur maison est fermée à clé et ils semblent être introuvables. Les enquêteurs sont en tout cas décidés à passer à l?action la semaine prochaine. Vikramsing et Kiran Jankee seront alors confrontés à la déposition de Mossae.

En attendant, Me Pramila Patten, avocate de Kiran Chuttoo-Jankee se dit choquée par l?attitude de la police. Car, dit-elle, des arrangements ont été faits pour qu?elle accompagne sa cliente mercredi matin au poste de Goodlands. Elle concède avoir été contactée par la police mais précise qu?elle n?était «pas disponible ou vice versa». Elle affirme toutefois avoir contacté les enquêteurs après son retour au pays lundi matin et leur avoir demandé de l?informer s?ils avaient besoin de sa cliente pour d?autres dépositions. Sa cliente, maintient-elle, est victime dans cette affaire.

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