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La police britannique identifie quatre suspects

14 juillet 2005, 00:00

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La police britannique a identifié quatre suspects des attentats de jeudi à Londres et elle a procédé à une arrestation et découvert, au cours de perquisitions menées dans le nord de l’Angleterre, des éléments pouvant entrer dans la fabrication de bombes. La police juge en outre “très probable” que l’un des auteurs des attentats, qui ont fait au moins 52 morts et 700 blessés, ait été tué par sa bombe et elle tente de déterminer si les quatre suspects ont volontairement péri dans ces actions, qui seraient alors les premières opérations suicide de ce type en Europe de l’Ouest.

“L’enquête nous a très tôt portés à nous intéresser aux mouvements et aux agissements de quatre hommes, dont trois venaient du West Yorkshire”, a déclaré aux journalistes Peter Clarke, chef de la section antiterroriste de la police londonienne. “Nous nous efforçons de reconstituer leurs mouvements dans la semaine qui a précédé les attentats, et cherchons en particulier à vérifier s’ils sont tous morts dans ces explosions.”

<B>Des kamikazes</B>

Clarke a dit que la police avait retrouvé à proximité des lieux de trois des attentats des documents personnels portant les noms de trois des suspects en question. Ceux-ci correspondraient selon le gouvernement au profil d’activistes du réseau Al Qaïda.

Les quatre hommes seraient de nationalité britannique, a-t-on appris de source policière. Trois provenaient du West Yorkshire, région du nord de l’Angleterre abritant une forte communauté musulmane originaire d’Asie du Sud. Clarke a précisé que les informations de la police rendaient “très probable” qu’au moins l’un de ces hommes ait été tué dans l’explosion provoquée à la station de métro Aldgate. Trois attentats ont eu lieu dans le métro. Le quatrième a eu lieu dans un autobus à impériale.

Les quatre hommes se sont rendus à Londres jeudi dernier. Leur passage a notamment été enregistré par une caméra de surveillance de la station de King’s Cross peu avant 8h30.Trois bombes ont explosé à 50 secondes d’intervalle à 8h50 dans des trains qui sont tous passés par King’s Cross. L’attentat contre l’autobus a eu lieu 57 minutes plus tard.

Si l’hypothèse d’attentats suicide, écartée dans un premier temps par les enquêteurs, se confirmait, il s’agirait des premières actions de ce type en Europe de l’Ouest, ce qui témoignerait, selon Alex Standish, rédacteur en chef de la revue spécialisée Jane’s Intelligence Digest,“d’un nouveau niveau de radicalisation” des extrémistes au Royaume-Uni.

“Les attentats suicide sont généralement considérés comme les plus dangereux et les plus difficiles à déjouer”, insiste cet expert en questions de sécurité, qui pointe un risque supplémentaire: “Quelqu’un doit avoir eu une forme de compétence pour assembler ces bombes et s’il y a un artificier encore dans la nature, le risque est très grand que de nouveaux attentats soient commis.”Trois semaines après les attentats de Madrid du 11 mars 2004, sept suspects de premier ordre s’étaient fait exploser dans un appartement de la banlieue madrilène encerclé par les forces de sécurité espagnoles.

Peu avant que la police britannique ne rende publics les progrès de son enquête, les forces de sécurité avaient mené six perquisitions dans et aux alentours de Leeds, notamment aux domiciles des trois suspects venant des environs de cette ville du nord de l’Angleterre. Un proche de l’un des suspects a été arrêté et la police a mis la main sur ce qui s’apparente à des explosifs.

<B>“L’enquête avance très vite”</B>

A Leeds, des artificiers de l’armée ont procédé à une explosion contrôlée pour permettre à la police de perquisitionner dans une maison.Un demi-millier de personnes avaient été évacuées dans les rues proches de cette maison, située dans un quartier très cosmopolite. Leeds, ville de 715 000 habitants, compte une communauté musulmane de 30 000 personnes.

La police a par ailleurs saisi un véhicule dans un parking de Luton, près de Londres, en affirmant qu’il était certainement lié à l’enquête.“Je peux vous dire que l’enquête avance très vite”, a-t-il dit. L’indignation grandit en revanche du côté des familles des victimes du fait de la lenteur des procédures d’identification des corps. Mardi après-midi, 11 victimes étaient formellement identifiées et les noms de trois d’entre elles rendus publics.

<B>Michael HOLDEN</B>

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