Publicité

La petite histoire des prix

10 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

20% ou 40% de baisse dans les droits de douane ne signifient pas que le produit baissera dans les mêmes proportions. Le système de distribution est complexe. A chaque étape, des coûts additionnels sont greffés aux produits importés.

En arrivant à Maurice, le produit importé a déjà pris de la valeur par rapport à son coût initial dans son pays d?origine. Exemple, celui d?un pot de café en provenance d?Afrique du Sud. Quand le café débarque à Port-Louis, sa valeur (coût, assurances et fret) est de Rs 100. Il peut suivre deux scénarios, l?un avec 40% de taxe et l?autre sans taxe.

Avec 40% de taxe, la valeur du pot de café atteint jusqu?à Rs 140. Mais l?importateur qui a commandé ce produit doit maintenant y prélever sa marge bénéficiaire, disons 10%. Le pot coûte alors Rs 154. Dans certains cas, l?importateur revend le produit à un grossiste qui le distribue ensuite à des détaillants.

Mais dans cet exemple, l?importateur vend directement au détaillant. Celui-ci prélève encore une fois sa marge, disons encore 10%. En magasin, le consommateur paiera donc son pot de café Rs 169,40. La taxe douanière de 40% ne représente en fait que 23,6% du prix que le consommateur paiera pour son café.

Et quelle sera donc la différence de prix si la taxe de 40% est enlevée? Reprenons notre pot de Rs 100. Il n?y a pas de taxe, donc l?importateur applique sa marge de 10% sur Rs 100. Il revend donc son pot de café à Rs 110 l?unité au détaillant. Celui-ci y applique sa marge de 10% pour le revendre au détail à Rs 121.

La différence de prix entre le café taxé à 40% et celui entré en hors taxe à Maurice est donc de Rs 48,40. Mais cet exemple implique que l?importateur et le détaillant maintiennent les mêmes marges.

Malheureusement, dans la pratique, beaucoup de commerçants, grossistes ou importateurs, sont tentés de gonfler leurs marges dès qu?il y a des baisses dans les droits de douane. Ce qui fait perdre aux consommateurs le bénéfice entier de la baisse tarifaire.

Publicité