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La paix fragile de Karo Kalyptis

2 octobre 2004, 20:00

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La tranquillité. Un mot qu?on n?aurait jamais associé à Karo Kalyptis, le no man?s land de Port-sLouis, antre de la perdition par excellence. Pourtant, disent ceux qui ?uvrent dans le travail social, la localité connaît un répit évident depuis que les forces de l?ordre ont procédé à des opérations d?assainissement depuis deux semaines.

« Avan ki lapolis inn fer desant de lie, nou remarke ki ena mwens laviolans ki avan », affirme Corinne, une travailleuse sociale. Toutefois, selon elle, certains trafiquants de drogue auraient eu vent de l?opération de police avant son arrivée . « Enn inn tuit ine ale, ine ramas tou zot zafer kouma dir zot ti fini gaign sondaz. »

De l?héroïne et du « brown » chez maman

Elle explique pourtant que la majorité des habitants sont « korek », et que ce ne sont qu?une poignée d?énergumènes sans vergogne qui sèment la zizanie. Ces derniers ont vite fait de déguerpir, les lieux étant devenus peu propices à leurs sales trafics.

Karo Kalyptis respire enfin, mais pour combien de temps ? Les travailleurs sociaux ne sont pas dupes. « Finn gaign enn samblan trankilite, me pas konne ziska kan », soupire Corinne. Lindsay Morvan exprime également ses craintes. « Li bien bon ki fer bann loperasion parey. Ma a sak foi zot ale, sitiasion retourne normal. » Pour maintenir le calme, il faudrait une présence policière constante, estime le père Filip Fanchette. Ce dernier, qui est très actif dans le domaine social, connaît bien le cas Karo Kalyptis.

« Li finn eksplose en 1997, akot politisien ti pe enkouraz dimounn pou squate pou gaign enn terin, enn lakaz. » Très vite, les bicoques ont poussé comme des champignons sur cette portion de terre coincée entre Roche-Bois et Batterie-Cassée. Aujourd?hui, l?endroit compte environ 250 familles, pour la plupart de pauvres hères sans le sou et sans emploi.

Mais au fil du temps, Karo Kalyptis est devenu un vrai repaire de bandits de tout acabit. Un univers malsain où se côtoient dealers, prostituées, proxénètes et voleurs. « Zot vann ladrog kouma dir zot ena patant. Ena marse are sab dans lerin. »

Quant aux enfants, ils sont souvent victimes des drogués en manque. « Sertin pa ezite pou atak zanfan, rass zot kas. » Beaucoup sont irrémédiablement entraînés dans la spirale infernale de la drogue et de la violence. L?exemple qui a récemment marqué le père Fanchette est ce petit garçon de onze ans qui lançait « Blanc, noir ! » à tue-tête en courant dans le village.

Lorsque le prêtre lui a demandé ce qu?il voulait dire, le gamin a répondu qu?il informait simplement les habitants que sa mère? avait de l?héroïne et du brown sugar à vendre !

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