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La nouvelle direction devra convaincre Israël que des élections sont indispensables

12 novembre 2004, 20:00

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Il faudra tout d?abord régler les successions aux différents postes que concentrait entre ses mains le chef de l?OLP, à commencer par le plus visible, la présidence de l?Autorité palestinienne, même si l?institution habilitée à signer un éventuel traité de paix avec Israël reste l?Organisation de libération de la Palestine (OLP).

La présidence de l?Autorité est à la fois la succession la plus simple et la moins évidente. La plus simple parce que la loi fondamentale palestinienne qui tient lieu de Constitution détaille avec précision le mécanisme de succession : un intérim de 60 jours effectué par le président du Conseil législatif palestinien, Raouhi Fatouh, pendant lequel est organisée une élection. La moins évidente parce que les territoires palestiniens sont bouclés, réoccupés et transformés parfois en zones de guerre.

Certes, les élections générales de 1996, les premières de l?histoire des Palestiniens, avaient été tenues quelques semaines seulement après le retrait des Israéliens des principales agglomérations de Cisjordanie, à l?exception de Hébron, mais le climat était bien différent. Le calme qui prévalait avait permis à la procédure d?inscription sur les listes électorales de se dérouler sans anicroches et la présence sur place, le jour du scrutin, de centaines d?observateurs internationaux libres de leurs mouvements.

FACTIONS RADICALES

La situation, aujourd?hui, n?est en rien comparable alors même que la consultation pourrait difficilement se limiter à la seule présidence, puisque les Palestiniens envisagent depuis des mois des élections municipales et législatives. De telles élections ne pourront être possibles sans un accord et une étroite coordination avec les autorités israéliennes. Or cette perspective ne figure manifestement pas en tête de leurs priorités puisque le premier ministre israélien, Ariel Sharon a réitéré, depuis l?agonie de Yasser Arafat, sa volonté d?avancer sur le dossier du plan de retrait unilatéral de Gaza.

La direction palestinienne, qui aura toutes les chances d?être collégiale, si on se réfère à l?épisode de la venue à Paris, le 9 novembre, d?une délégation de responsables au chevet du chef de l?OLP, devrait très vite réitérer sa position à propos du conflit israélo-palestinien : solution de deux Etats vivants côte à côte, Israël et la Palestine, foi dans la «feuille de route», le plan de paix international censé conduire à la création d?un Etat palestinien en 2005, condamnation des violences contre les civils quels qu?ils soient. Cette condamnation, répétée depuis deux ans par Yasser Arafat, n?a jamais été jugée crédible par les Israéliens.

Cette stratégie risque cependant de la placer rapidement en difficulté avec les factions radicales palestiniennes. Elles se sont installées, de longue date, pour ce qui est des islamistes (Mouvement de la résistance islamique, Djihad), dans le refus du principe de la négociation avec Israël, ou, plus récemment, pour ce qui est de groupuscules issus du Fatah, le principal mouvement palestinien, mais en rupture avec la ligne officielle du mouvement.

Par le passé, le numéro deux de l?OLP, Mahmoud Abbas («Abou Mazen»), désormais la principale figure palestinienne, était parvenu, lorsqu?il avait occupé les fonctions de premier ministre, à trouver un modus vivendi avec les islamistes par le biais d?une trêve. Ses principaux interlocuteurs de l?époque, Ahmed Yassine et Abdel Aziz Al-Rantissi, ont cependant été assassinés depuis par les Israéliens. Il sera sans doute plus difficile aux responsables palestiniens de discuter d?un projet qui aille au-delà de la nécessaire «unité» et du refus de la «guerre civile» avec un Hamas qui se cherche toujours une direction.

Les difficultés risquent d?être encore plus grandes avec les groupuscules regroupés de manière générique sous l?appellation de Brigades des martyrs d?Al-Aqsa. Ces groupuscules, parfois manipulés, sont à l?origine jusqu?à présent des tensions les plus fortes au sein de l?Autorité palestinienne. A Gaza, ils se sont violemment heurtés à des responsables contestés de services de sécurité ; à Naplouse, ils ont contraints le maire à la démission (après l?assassinat de son frère) et sont vivement critiqués pour des dérives mafieuses.

Ces groupuscules avaient été particulièrement rétifs à la normalisation proposée par M. Abbas en son temps, sans doute pour défendre leurs intérêts acquis tout en abusant de l?allégeance à Yasser Arafat. Les responsables historiques du Fatah, tel Hani Al-Hassan, n?étaient d?ailleurs pas parvenus à les reprendre en main.

© Le Monde @ The New York Times Syndicate

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