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La nature de la pauvreté

21 avril 2008, 20:00

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Ils sont venus, ils ont parlé? ils sont partis. Les participants à la Conférence internationale de la Southern African Development Community (SADC) sur la pauvreté et le développement se sont essoufflés à parler d?intégration régionale. Mais en matière d?environnement, l?intégration des pays de la SADC est encore à ses balbutiements. Or, les problèmes environnementaux et la pauvreté sont de vieux compagnons de voyage. Les changements climatiques sont particulièrement virulents en Afrique sub-saharienne. Mais les miséreux n?ont pas le luxe d?altérer leur mode de vie et s?enlisent donc de plus en plus dans la précarité.

«C?est un marasme. Les problèmes environnementaux exacerbent la misère. Les changements climatiques ont des effets néfastes sur l?agriculture, ainsi que sur la santé des habitants de la région», explique le secrétaire permanent du ministère de l?Environnement, Sateeaved Seebaluck. Effectivement, les inondations, sécheresses et intrusions d?eau salée appauvrissent la qualité de l?eau, ce qui provoque une pléthore de maladies telles que diarrhée, dysenterie et typhoïde.

De plus, les mares d?eau stagnantes sont des foyers rêvés pour les moustiques et autres insectes vecteurs de maladies graves comme la dengue, le paludisme et le chikungunya. Ce bourbier sanitaire affecte les jeunes et prive les pays de médecins, d?ingénieurs et d?autres professionnels qui sont indispensables au développement du pays.

Le document de synthèse du Cadre régional de réduction de la pauvreté explique que la pauvreté est «aggravée par les impacts du changement climatique, à savoir les catastrophes naturelles telles que la sécheresse, les inondations et les cyclones et qui menacent la gestion durable des ressources naturelles, la santé, la sécurité alimentaire, et le développement». Si cet ensemble malheureux de facteurs n?était pas assez inquiétant, le document rappelle aussi que «la capacité de la région à s?attaquer aux défis posés par les changements climatiques est très faible».

«Les économies des États membres de la SADC sont fortement tributaires du capital naturel. L?accroissement de la pression sur le fonds de ressources naturelles a débouché sur des niveaux d?exploitation insoutenables qui ont abouti à la dégradation des ressources et de l?environnement, ainsi qu?à la croissance de la pauvreté.» Et même si l?élaboration d?un protocole est «en cours», le document déplore «que la majorité des protocoles ne fassent pas mention du changement climatique. Le changement climatique demeure encore à intégrer effectivement dans les divers cadres directifs et législatifs appropriés». C?est effectivement une carence majeure surtout quand on prend en considération les efforts fournis pour la création d?une union douanière en 2010.

La SADC est donc emprisonnée dans un cercle vicieux duquel il sera extrêmement difficile de s?extirper. Un exemple typique nous vient du Mozambique, pays paralysé par des inondations monstres l?année dernière. La grande majorité des Mozambicains n?ont pas les moyens de s?acheter du gaz ménager et sont obligés de couper les arbres pour faire du feu. «Le bois est un gros business à Maputo», soupire un représentant du ministère de l?Agriculture, Valdemiro Munguambe. Ce qui provoque la déforestation, la désertification, le déclin de la biodiversité et l?appauvrissement des sols pour ne citer qu?eux. «Le gouvernement du Mozambique prend la question des changements climatiques très au sérieux. Des capteurs ont été installés dans différents endroits du pays pour étudier la composition de l?air.»

Car si les maux sont légion, les solutions ne le sont pas. «On ne peut résoudre les problèmes un à un. Il faut adopter une approche holistique qui intègre l?éducation, la santé, les énergies renouvelables et ainsi de suite», conclut Sateeaved Seebaluck.

<B>Savoir plus</B>

www.who.int/quantifying_ehimpacts/publications/preventingdisease/en/print.html

www.inra.fr

www.enda.sn

www.biodiv.org

http://www.ipcc.ch/pdf/special-reports/spm/region-en.pdf

<B> L?Afrique, la nature d?une victime </B>

● Le rapport spécial du Groupe intergouvernemental d?experts sur l?évolution du climat (GIEC) sur «Les incidences de l?évolution du climat dans les régions : évaluation de la vulnérabilité» fait peur. Ce document fait un tour d?horizon de l?impact des changements climatiques sur les écosystèmes, les ressources en eau, l?agriculture, les zones côtières, les établissements humains, la santé et le tourisme.

«Le continent africain serait particulièrement touché par les incidences de l?évolution du climat à cause de plusieurs facteurs : pauvreté générale, récurrence de la sécheresse, répartition inéquitable des terres, dépendance excessive à l?égard de la culture sous pluie», conclut le rapport. De plus, «s?il existe en théorie des mesures d?adaptation», les pays africains ne possèdent pas les moyens nécessaires pour les mener à bout.

Le chiffre</B>

● Un million de personnes meurent du paludisme chaque année.

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