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La musique à son paroxysme
Parfois, certaines soirées sont magiques. Elles nous transportent dans un autre univers où la beauté impose le silence et où la quiétude de l?auditoire témoigne de l?appréciation du moment. Le troisième concert du Festival de Musique Classique de l?hôtel St Géran a connu ce moment de grâce qui restera dans la mémoire des mélomanes présents. Un moment féerique délivré par les trois protagonistes de la soirée Bertrand Chamayou (piano), Marc Coppey (violoncelle) et Nicolas Baldeyrou (clarinette).
Le concert commence par Le Grand Duo concertant de Carl Maria Von Weber (Eutin 1786 - Londres 1826). pour piano et clarinette. Un chef-d??uvre du compositeur allemand à qui l?on doit de magnifiques ?uvres telles que Freischütz (1821), Euryanthe (1823), Oberon (1826) et d?autres compositions pour piano (Invitation à la valse) et pour clarinette.
L??uvre de Weber, qui a aussi contribué à l?épanouissement du romantisme dans la musique et l?opéra allemands, cadrait parfaitement à l?ambiance chaleureuse de la salle de concert du St Géran. L?interprétation sans bémol et intimiste de Bertrand Chamayou et de Nicolas Baldeyrou a rendu cet instant encore plus beau. Un moment de bonheur et de partage entre le public et les artistes.
Après le romantisme de Weber, le public a eu droit à l?élégie de Gabriel Fauré, compositeur français (Pamiers 1845 - Paris 1924) pour piano et violoncelle. L?élégie dans la musique classique est synonyme de poème lyrique dont le ton est le plus souvent tendre et triste. Un poème interprété par Bertrand Chamayou et Marc Coppey.
Dès les premières notes le public est transporté dans l?univers triste et mélancolique de Gabriel Fauré.
De ce passage, l?on ressort ébloui par tant d?accomplissement aussi bien technique qu?expressif. Bertrand Chamayou et Marc Coppey prennent du plaisir à jouer. Ils transmettent toute leur joie au public. Les mains de Marc Coppey caressent énergiquement les cordes de son violoncelle.
Après l?élégie de Fauré, Bertrand Chamayou et Marc Coppey ont interprété une sonate de Claude Debussy. Une ?uvre que l?artiste français a composée quelques années avant sa mort.
La sonate de Debussy, dont le titre pressenti était Pierrot fâché avec la lune, est un mélange d?humour sarcastique et de poésie mélancolique. Le piano de Bertrand Chamayou est cantonné dans le rôle d?accompagnateur laissant la part belle au violoncelle de Marc Coppey.
Pour compléter ce magnifique programme, les musiciens ont interprété le Trio Opus 11 pour piano, violoncelle et clarinette de Ludwig Van Beethoven (Bonn 1770 - Vienne 1827).
Une ?uvre magnifique quand on sait que Beethoven a composé que deux trios pour piano, clarinette et violoncelle : Opus 11 (avec violon ou clarinette) et Opus 38 (arrangement du septuor Opus 20).
Les trois musiciens ont admirablement rendu hommage à la musique du maestro allemand. Un hommage fantastique qui a clôturé d?une très belle manière ce troisième concert du Festival de Musique Classique du St Géran.
<B>Marc Laforet, directeur artistique du Festival
« Il y a un mouvement qui se crée autour de ce festival »</B>
Marc Laforet est directeur artistique du Festival de musique classique du St Géran depuis deux ans. Il nous livre ses impressions sur cette 14e édition. Ce talentueux pianiste de renommée internationale explique qu?un mouvement se crée autour de ce festival.
<B>Cela fait deux ans que vous êtes le directeur du Festival de musique classique du St Géran. Qu?est-ce que cela représente à vos yeux ?</B>
Cela fait dix ans que je connais l?île Maurice et j?ai été invité à ce festival à deux reprises en tant que pianiste. Je ne m?attendais pas à ce qu?on me propose la direction artistique de ce festival, mais je suis heureux d?en être son directeur.
<B>En quoi consiste le poste de directeur artistique pour un festival de cette envergure ?</B>
Un des côtés intéressants de ce métier est que j?ai la possibilité de choisir des artistes de talent que les Mauriciens n?ont pas l?occasion d?entendre. Une découverte musicale, de créer un partage entre le public et les musiciens. Je m?occupe aussi du choix des morceaux qui seront interprétés par les musiciens tout au long du festival, de sorte qu?il y ait une homogénéité entre tous les concerts du festival.
<B>Etes-vous satisfait du déroulement de cette 14e édition ?</B>
Très satisfait. Il y a un mouvement qui se crée autour de ce festival qui a réussi à fidéliser un public d?amateurs de musique classique. Il a des gens, des visages qu?on connaît, qui reviennent chaque année à Maurice pour assister à ce festival. Ce succès est le fruit de toute une équipe qui travaille sur ce festival.
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