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La mosquée à la coupole dorée

10 juin 2008, 20:00

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En juin 1983, l?express juge utile de rappeler l?histoire de la coupole dorée de la rue Desforges, Port-Louis, à ses lecteurs et pas seulement ceux de foi islamique. Au départ, il y a le rêve de M. Suliman I. Vawda. La silhouette d?une noble mais imposante mosquée, dominant de la tête et des épaules ce quartier animé, à la croisée du monde des affaires et de la basoche (comme si l?un peut se passer de l?autre et vice versa) hante sans cesse ses pensées. Il y existe certes une société appelée à diriger la future mosquée mais qu?est-ce qu?un conseil de direction en l?absence de toute mosquée. Elle obtient pourtant son enregistrement en 1954. Ses premiers promoteurs sont tous des descendants de négociants indiens venus s?installer au Port Louis.

Pour accélérer les préparatifs en vue de la construction de la future mosquée, M. Suliman I. Vawda dessine un croquis du lieu de culte qui l?obsède continuellement. La firme Boullé (Max), Lagesse (Marcel), Schaub réalise les plans de l?édifice sacré à partir de l?esquisse, pardon, de l?acte de foi de M. Vawda. Les promoteurs du nouveau lieu de culte suivent le bon exemple des promoteurs de la mosquée de la rue Labourdonnais qui ont demandé à l?architecte-peintre-poète Jac Desmarais de dessiner les plans du lieu de culte de leur rêve. L?on sait la merveille architecturale à laquelle leur initiative inspirée donne naissance.

En 1962, la firme de construction, la «Building and Engineering Co. Ltd»., de M. Clément Dalais, l?un des directeurs fondateurs du journal l?express, ouvre le chantier, à l?angle des rues Monseigneur-Gonin et Desforges, et fait démarrer les travaux. Ils ne prendront fin qu?en 1965. Les temps sont alors difficiles et guère propices aux grandes réalisations architecturales. Nous sommes au lendemain des cyclones «Alix, Carol» et «Jenny». La guéguerre fait déjà rage entre partisans et opposants de l?Indépendance. On se bat encore pour ou contre Barnwell, pour ou contre Anthony Greenwood, pour ou contre le Best Loser System. L?on subit le cancer des premières bagarres politico-raciales à Belle-Rose (Suruth) et à Trois-Boutiques (Robert Brousse). Il suffit cependant d?un peu de foi pour faire sortir de terre, et même en pleine ville, une prière en forme de mosquée.

Les premiers dirigeants veillent attentivement sur l?acte de foi en train de voir le jour. Ils sont :- MM. S. Vawda, Hassam Toorawa, J. Kathrada, Adam Moollan, Ajam Rawat. Ils obtiennent que la mosquée ouvre ses portes aux premiers fidèles au moment même où le pays se prépare à accéder à l?Indépendance et à prendre en main sa destinée.

Une décennie plus tard, plus exactement en 1979, une nouvelle équipe dirigeante décide d?ajouter un étage au bâtiment de 1965. MM. Mamade Ahmad Timol, Abdullah Timol, Ismaël Randera, Feroz Toorawa et d?autres encore la composent. Cette deuxième tranche des travaux s?achève en 1980.

L?année suivante commencent les travaux en vue de la construction du minaret. La firme est-africaine «Allied Builders Co. Ltd» se charge de ces travaux particulièrement délicats. Vingt ans après les premiers travaux, s?élève, comme une belle supplique, une tour de 135 pieds de haut. Elle coûte un million de roupies mais marchande-t-on quand il s?agit de témoigner de sa foi ? La coupole en cuivre doré engloutit à elle seule une somme de Rs 30 000. Il s?agit pourtant uniquement de l?obole de généreux donateurs mauriciens. On accède aux deux balcons et à la coupole par un escalier de 160 marches.

En juin 1983, la direction de la mosquée à la coupole dorée, particulièrement belle quand elle recueille les derniers rayons du soleil se couchant là-bas sur l?horizon, du côté de la Pointe aux Caves, se compose de MM. Mamode Ahmad Timol, Aref Bahemia, Abdool Hack Timol, Ismaël Randera.

En juin 1983, le rêve de M. Suliman I. Vawda est devenu, surplombant une mosquée à l?amplitude imposante, un minaret de 135 pieds de haut, gracieux comme une louange perpétuelle au Dieu clément et miséricordieux?La mosquée à la coupole dorée fait honneur à ceux qui ont mis la main à la pâte pour qu?elle surgisse de terre. Elle fait honneur à la population mauricienne. Elle fait honneur à notre île Maurice plurielle. Elle retient l?attention de nos visiteurs qui, la voyant, concluent dans leur c?ur qu?ils visitent un pays de croyants, qu?ils foulent la terre sainte d?un peuple qui place la prière au-dessus de toutes choses, au-dessus en tout cas des contingences du monde matérialiste dans lequel nous sommes appelés à vivre, en attendant la réalisation de nos meilleurs v?ux, de nos meilleures prières.

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