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La mort attendait Julien, 10 ans, au bout du sentier
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La mort attendait Julien, 10 ans, au bout du sentier
Le petit corps de Julien, devant lequel défilent proches et amis, rappelle à tous ceux qui sont présents que la vie de cet enfant de dix ans s’est arrêtée trop brutalement. Entourée des membres de sa famille, sa mère, Palvatee Édouard, ne peut retenir ses larmes. « Li ti ena tou so lavenir divan li. Zot finn touy mo piti », parvient-elle à dire, encore sous le choc. Les deux frères aînés de Julien, assis dans un coin du salon, ne peuvent détacher leur regard du corps sans vie de leur frère. Le cadet, âgé de 12 ans, triture nerveusement le mouchoir qu’il tient entre les mains.
Issu d’une famille de trois enfants, Julien est décédé dans la soirée de vendredi après avoir été percuté un peu plus tôt par un camion à Camp-Fouquereaux, tout près de son école, alors qu’il était à bicyclette. Les premières émotions passées, les proches de la jeune victime ne peuvent s’empêcher de faire part de leur incompréhension face à ce drame.
Des fiches de corbeilles ménagères, explique la famille de Julien, avaient été remises aux élèves ce jour-là par leur enseignant. Des fiches qui, leur avait-on dit, devaient être rendues le lundi suivant. Julien s’est est allé, après les heures de classe, chez un ami pour lui emprunter sa bicyclette avant de faire un tour dans la localité pour tenter de vendre des billets pour sa corbeille ménagère.
« Akoz enn korbey menazer, guett kot mo zanfan ete azordi », lance Marie-Gracia, la grand-mère paternelle. Et d’ajouter que Julien, qui était en 6e à l’école Shri Shamboonath, craignait de se faire punir par son professeur s’il ne rendait pas sa fiche remplie à son retour de l’école lundi.
C’est donc seul qu’il a entamé sa tournée de la localité, à la recherche de quelques généreux donateurs. Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait. Un habitant du coin, qui manœuvrait son camion à ce moment-là à une intersection, n’a pas eu le temps d’éviter Julien qui arrivait en sens inverse. Grièvement blessé, l’enfant est transporté d’urgence à l’hôpital Victoria, à Candos, où les médecins de service ne peuvent que constater son décès. L’autopsie du medécin légiste Satish Boolell a attribué son décès à de multiples fractures. Son crâne et sa colonne vertébrale ont été écrabouillés.
Ce n’est qu’aux alentours de 16 heures que les parents apprendront la terrible nouvelle. « Mo ti ankor dan travay kan monn aprann ki mo zanfan finn fer enn aksidan », lâche Palvatee, qui est employée comme femme de ménage. Elle se rend alors immédiatement à l’hôpital, où elle apprend le décès de son benjamin.
Le conducteur du camion a, quant à lui, été placé en détention en attendant sa comparution en cour demain.
Pressions exercées sur les élèves
Julien, expliquent ses petits camarades de classe, avait pour habitude de faire le chemin du retour de l’école avec eux. Mais il avait préféré rentrer plus tôt ce jour-là pour partir vendre ses billets pour la corbeille ménagère de son école. « J’avais l’habitude de prendre tous les billets pour qu’il n’ait pas besoin de traîner les rues, mais comme je n’étais pas encore rentrée, il a voulu vendre lui-même ses billets », explique Palvatee, inconsolable.
Certains proches déplorent les pressions exercées sur les élèves pour qu’ils vendent un maximum de billets. « Ena zanfan gaign per gaign bate ar profeser ou bien gaign pinision si zot pas rann bann papier la rempli », laisse échapper un parent dont le fils était dans la même classe que le petit Julien. Cette envie de bien faire aura été fatale à Julien.
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