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La MEF : «La lutte contre l?inflation est la première priorité»

4 juin 2008, 00:00

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Réduire la tendance inflationniste. La Mauritius Employers?Federation (MEF) formule ainsi l?une de ses principales préoccupations à l?approche du budget 2008-2009. En effet, les résultats d?une enquête entreprise par la MEF ont démontré que 79 % des employeurs estiment que le problème de l?inflation est l?une des priorités auxquelles le prochain budget devra apporter des solutions. L?échantillon interrogé se constituait de 43 entrepreneurs du patronat mauricien.

L?économiste Vishal Ragoobur de la MEF a expliqué à l?express que la MEF a proposé « d?augmenter le seuil d?exemption des impôts » comme mesure visant à juguler la perte du pouvoir d?achat. Mais il ajoute qu?en théorie, pour réduire le taux d?inflation, bien que les marges de man?uvre soient réduites, il est aussi possible de « réduire certaines dépenses publiques, peut-être revoir la TVA à la baisse ou augmenter les subventions sur certains produits de base ».

L?économiste Kee Chong Li Kwong Wing déclare pour sa part : « Le prochain budget a le devoir de trouver des solutions à la hausse généralisée des prix, même si cette inflation est importée, c?est-à-dire causée par des facteurs d?ordre international. L?inflation, qui est un fléau très pernicieux, ronge le pouvoir d?achat de la population, particulièrement les pauvres. »

Diversifier les sources d?approvisionnement</B>

Il explique aussi : « L?Etat devra contrôler ses dépenses, éviter le gaspillage, augmenter la productivité, accroître l?efficience, enfin réaliser des économies qui seront utilisées pour les aides sociales, l?augmentation des subventions et l?assistance aux plus démunis.» Kee Chong Li Kwong Wing estime, en outre, qu?en encourageant la compétition, le niveau des prix diminuerait.

« Au niveau de l?offre des biens et services, le gouvernement a les moyens d?encourager l?importation d?une variété plus large de produits, de diversifier les sources d?approvisionnement et de diminuer les poches de cartellisation dans n?importe quel domaine. Au niveau de la demande, il faut éduquer les consommateurs à faire des achats de façon intelligente et les inciter à consommer local.»

Un autre économiste, qui a parlé sous le couvert de l?anonymat, estime que la baisse des dépenses improductives de l?Etat doit être envisagée dans le prochain budget. Il n?approuve pas le PRB car, selon lui, il va injecter une importante masse monétaire dans un environnement où l?inflation est persistante. Il exhorte les autorités à intervenir à travers la politique monétaire pour juguler l?inflation.

L?économiste Philippe Lam abonde dans son sens. « Réduire les dépenses publiques, poursuivre les politiques monétaire et fiscale, éduquer les ménages à épargner sont des propositions qu?on peut envisager. Le budget doit apporter, aussi des propositions concrètes pour encourager la production alimentaire à Maurice. »

Selon l?économiste Deven Padayachy de KPMG, la lutte contre l?inflation est une politique à long terme et relève principalement des attributions de la Banque de Maurice. « Les autorités monétaires ont un grand rôle à jouer pour réduire le taux d?inflation. Par un discours porteur d?espoir, le gouvernement et la Banque Centrale doivent conjuguer leurs efforts pour limiter l?anticipation des agents économiques qui contribuent à l?inflation. L?Etat doit restructurer les dépenses publiques vers des secteurs plus productifs. »

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