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La MCB révise à la baisse ses prévisions de croissance
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La MCB révise à la baisse ses prévisions de croissance
La Mauritius Commercial Bank (MCB) prévoit une croissance de 3,8 % seulement en 2005, sucre inclus. Elle a publié ce chiffre hier, dans son dernier Economic Outlook. Pour rappel, la croissance, sucre inclus, avait été de 4,2 %, en 2004, de 4,6 % en 2003 et de 1,9 % en 2002. La MCB a révisé à la baisse, de manière significative, ses prévisions pour 2005. En janvier, la banque avait prévu une expansion de 5,2 % du produit intérieur brut (PIB). Le chiffre a été ramené à 4,5 % en avril et, finalement, a 3,8 % en juillet.
Cette dernière estimation de la MCB semble rejoindre l?analyse du nouveau ministre des Finances et de l?économie, Rama Sithanen, qui a annoncé que la croissance sera inférieure à 4 % cette année.
Les analystes de la MCB justifient leur révision à la baisse par le fait que la performance des principaux piliers de l?économie ? textile, sucre, tourisme ? sera moins bonne que prévu.
C?est surtout la dégradation de la situation dans la zone franche, notamment dans l?industrie du textile-habillement, qui amène les analystes à modifier leurs prévisions de croissance. L?impact de l?abolition des quotas, avec le démantèlement de l?accord multifibre, a sévèrement affecté le textile et la confection. Ce secteur devrait enregistrer une nouvelle contraction ? pour la quatrième année consécutive ? de 6 % environ. En quatre ans, le textile-habillement aura donc connu une diminution de près de 23 % de sa production. ?Il y a déjà des indications que les exportations de vêtements de l?Inde, du Pakistan et plus particulièrement de la Chine vont exploser en 2005, malgré les tentatives des principaux importateurs de prendre des mesures de sauvegarde, notamment contre la Chine?, soutient Gilbert Gnany, chief economist de la MCB.
<B>Production sucrière inférieure</B>
De plus, on doit s?attendre à une baisse importante de la marge sur les prix du textile et des vêtements. Ce qui intensifiera la pression sur l?industrie locale. Une nouvelle baisse de la production est donc à prévoir, d?autant plus que les perspectives sur nos principaux marchés apparaissent plus sombres que prévu. Les exportations de vêtements ont d?ailleurs déjà diminué de 20,3 % au cours du premier trimestre 2005, comparativement à la période correspondante en 2004.
Par ailleurs, la production sucrière cette année devrait être de 3,9 % inférieure à celle de l?année dernière, selon les prévisions du Crop Estimate Coordinating Committee. Elle sera de l?ordre de 550 000 tonnes. Les pluies excessives du mois de mars, le passage du cyclone Hennie, et le temps sec d?avril et de mai ont gâché une saison qui, au début, s?annonçait encourageante.
Si, jusqu?ici ce sont surtout les conditions climatiques qui affectaient les revenus sucriers sur le moyen terme, à l?avenir, ce sera la baisse du prix du sucre, dans le cadre de la réforme du régime sucrier européen, qui sera un élément déterminant.
<B>La crainte d?une hausse des prix</B>
Le tourisme devrait connaître une reprise cette année. Mais elle ne sera pas de l?ampleur escomptée. D?ailleurs, la croissance du nombre de touristes durant les cinq premiers mois a été modeste, soit de 4,2 %, comparativement à la période correspondante en 2004. Sur cette tendance, la MCB a revu à la baisse ses prévisions de croissance dans le tourisme. Elle évoque maintenant un taux de 5 % avec 755 000 visiteurs.
?Malgré une contre-performance ces dernières années, le tourisme représente une des avenues les plus prometteuses en termes de croissance et de création d?emplois?, estime la MCB. Ce qu?il faut, c?est établir rapidement un plan d?action et élaborer une stratégie claire et cohérente pour atteindre des objectifs définis. On devrait enlever les blocages qui subsistent au niveau du marketing et de la politique d?accès aérien.
Par ailleurs, l?inflation se situait à 5,6 % en juin, contre 3,9 % pour l?année fiscale 2004. La dépréciation de la roupie et la flambée du prix du pétrole sont les principaux responsables de cette hausse du taux d?inflation par rapport à l?année dernière. La MCB estime que l?inflation devrait rester au-dessus de la barre de 5 % arrivé à décembre 2005.
La révision du prix des produits pétroliers qui était prévue pour juillet avait été renvoyée pour octobre par le précédent gouvernement. Une hausse des prix est à craindre, d?autant plus que les cours mondiaux du pétrole sont demeurés élevés. La baisse des droits de douane pourrait, à court terme, mitiger l?impact de la hausse des prix du pétrole. Mais à moyen et court termes, cette baisse pourrait entraîner des risques inflationnistes à cause de la pression sur le compte courant. Le compte courant est la différence du total des exportations de biens et services et des importations.
La MCB estime justement que l?on doit s?attendre en 2005 à un déficit du compte courant pour la première fois depuis cinq ans. Le déficit devrait être de l?ordre de 1,5 % du PIB. Une des causes majeures du déficit est la hausse du prix du pétrole qui alourdit la note d?importation du pays. La balance des paiements devrait aussi enregistrer un déficit de Rs 4,1 milliards.
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