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La métamorphose d?un champion
Fabrice Tiozzo est rentré un peu plus dans le Livre d?or de la boxe mondiale en terrassant sur ses terres de prédilection, la semaine dernière à Hambourg, l?Allemand d?origine polonaise Dariusz Michalczewski, par arrêt de l?arbitre à la 6e reprise.
« Fabrice a battu une légende vivante aux 27 Championnats du monde », a observé le promoteur Michel Acariès, l?homme qui l?a remis sur la voie de la célébrité.
Méthamorphosé physiquement et moralement à 35 ans, le Lyonnais est entré en patron sur le ring et a donné une véritable leçon avec une palette de coups au service d?une sécheresse de frappe qui a poussé le dauphin vers la retraite.
« J?ai étouffé le Tigre. Il n?a jamais pu récupérer. J?ai prouvé que j?étais un très grand professionnel, a-t-il clamé. Je voudrais que ceux qui disent que je n?encaisse pas prennent un tiers des coups que j?ai reçus et à ceux qui prétendent que je ne frappe pas prennent la moitié de ceux que j?ai donnés ».
Le 49e combat d?une carrière aux 47 succès (dont 31 avant la limite) fera date par la maestria et l?intelligence affichées. « Il y avait un océan d?écart avec l?homme qui avait battu Silvio Branco où il avait fallu à Fabrice, non seulement de s?imposer à la Rocky mais également de vaincre son poids », notait Michel Acariès.
Le cadet des Tiozzo est longtemps resté sur un nuage. « J?ai fait le match parfait, tranchait-il. Celui dont j?ai rêvé. Je veux maintenant de grands combats ». Emoustillé par sa flamboyante exhibition, l?ancien champion des lourds-légers ne jurait plus que par l?Américain Roy Jones, étoile d?hier, dont la seule évocation du nom le fait néanmoins saliver.
« Je veux Roy Jones », répétait-il en foulant le tapis de neige nappant la cité allemande.
Cependant, Michel Acariès ne l?entend pas de cette oreille. « Fabrice a certes besoin de challenges valorisants susceptibles d?accroître sa motivation, explique-t-il. Mais pourquoi pas Tyson dans ce cas ? On a le temps. On trouvera bien quelque chose qui le fera tilter. Pour l?instant, place au repos ! ».
Pourtant, le champion a donné l?impression qu?il pourrait remettre cela demain. Comme beaucoup, Jean-Claude Bouttier est resté admiratif devant la fraîcheur de Tiozzo. « Cela fait dix jours qu?il était au poids, analysait le consultant. C?est génial, cela ne lui était jamais arrivé car il passait son temps à lutter contre la bascule aux détriments du travail. Il peut maintenant envisager un combat d?entretien, sérieux, qui lui permettra de voir plus loin ».
Présent (comme Brahim Asloum) au bord du ring, le champion WBA des super-coqs Mahyar Monshipour est resté songeur. « Je ne le pensais pas à ce niveau là. Il a offert une variété de coups inhabituelle en France, observait-il. Il a boxé à un haut niveau tactique ».
Jusqu?où s?arrêtera-t-il ? Pour l?heure, Michel Acariès se contente de programmer un combat, titre en jeu, pour la fin de l?année, sachant qu?il a toujours la confiance de l?enfant terrible du noble art tricolore.
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