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?La légende de Zorro?
La Légende de Zorro, comme Le Masque de Zorro en 1998, présente un justicier très proche de celui qu?interprétait Guy Williams dans la série télé des studios Disney. Et pour cause, cette suite qui nous arrive sept ans après, est signée Martin Campbell, comme le premier et on y retrouve Antonio Banderas et Catherine Zeta-Jones.
À la différence près que cette fois, le justicier masqué est plus humain. Marié à Elena (fille adoptive turbulente du cruel gouverneur, dans le premier épisode), il a un fils de dix ans, Joaquin, qui ne voit jamais son père, et entre lui et Mme Zorro, les choses ne vont pas bien du tout. Pour tout dire, ils finissent même par divorcer, tôt dans le film, et la façon dont le couple se reconstruit est l?une des mécaniques du film.
Les échanges entre Antonio Banderas et Catherine Zeta-Jones ne sont pas sans évoquer Mr & Mrs Smith. On sent que le courant entre leurs personnages aurait atteint cette même intensité si le film avait été orienté dans ce se sens. Quant à Zorro, puisque cette fois, il est censé être plus humain, on le voit faisant du scandale dans une réception, sombrant dans l?alcoolisme et même en train de conquérir l?affection de son fils.
En l?absence d?Anthony Hopkins, figure paternelle dans le premier film, les rapports père-fils sont entre Antonio Banderas et le jeune Adrian Alonso. Le film ne nous offre rien d?inédit en ce domaine, mais ce fils de Zorro étant digne de son père par un curieux phénomène d?osmose (puisque ce dernier ne le voit jamais), les rapports entre les deux ont un cachet assez particulier. Cela, d?autant plus que le jeune Adrian Alonso a la tête de l?emploi et qu?il est très doué.
On ne s?étonnera pas du fait que le fils de Zorro ne reconnaisse pas son propre père lorsque celui-ci porte un masque qui ne dissimule pas grand-chose. La Légende de Zorro est un film dans lequel un train roulant à toute allure avec une cargaison importante de nitroglycérine n?explose qu?au tout dernier moment ; cela afin de permettre à M. & Mme Zorro ainsi qu?à leur jeune mais valeureux rejeton de sauver la Californie et les U.S.A.
On ne s?étonnera pas non plus que les affreux dans cette histoire soient aussi convenus que la grosse explosion finale (très réussie) et que leur chef (Rufus Sewell) soit d?origine étrangère. Dans ce genre de film, le narcotrafiquant est généralement d?origine sud-américaine, le terroriste psychopathe et assoiffé de sang est forcément d?origine arabe et le félon, fourbe et vaniteux, est toujours un Européen, un Français s?il s?agit vraiment de la dernière des crapules. Car il est bien connu que, pour certains Américains, les Français sont une nation de vantards et de scélérats, et le reste du monde une menace.
Disons que ce sont là des choses auxquelles le film ne nous donne pas l?occasion de réfléchir. Parce que le récit avance au pas de charge, que les héros ont de l?allure et que les scènes d?action sont jubilatoires. Elles sont non seulement bien imaginées, mais elles sont aussi esthétiquement bien faites et sont généralement accompagnées d?un excellent gag ou deux.
Clin d??il à la série ? Dans une scène on voit M. & Mme tailler à la pointe de l?épée leurs initiales ?un ?Z? (qui veut dire ?Zorro? ou qu?il ne sait pas écrire son nom) dans le pantalon d?un adversaire. Mais la palme reviendra sans doute au cheval fumeur de pipe, ivrogne et cascadeur.
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