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La légendaire Vespa, plus qu?un mythe
La Vespa souffle ses 60 bougies en ce mois d?avril. La «guêpe», avec ses hanches galbées, séduit toujours les aficionados mauriciens de scooters.
«Ecoutez, il n?y a aucun ratage dans le vrombissement du moteur.» C?est un connaisseur qui l?affirme. Cela fait 15 ans que Mosadeq Sahebdin a adopté la Vespa. Il vous parle d?un moyen de locomotion que les moins de 20 ans ne peuvent pas toujours connaître?
Avec sa silhouette fuselée en forme de guêpe («vespa» en italien), cette « voiture à deux roues » se déjoue des embouteillages dans les villes et symbolise la liberté à la campagne. «J?ai fait le tour de l?île en trois jours avec ma femme sur ma Vespa. Quand les enfants étaient petits, je n?ose pas le dire, il nous arrivait de nous y retrouver à cinq. Le déplacement est tellement facile.» En effet, quand Enrico Piaggio, patron de l?entreprise du même nom, dépose son brevet le 23 avril 1946, c?est un véhicule pratique et peu cher qu?il envisage de mettre à la disposition de la famille italienne. Meurtris par la Seconde Guerre mondiale, les Italiens ne peuvent se permettre de s?offrir une voiture et la Vespa est vite devenue l?automobile familiale. Son succès est immédiat et il demeure le fleuron de l?industrie italienne.
Soixante ans plus tard, près de 17 millions d?exemplaires sont sorties des usines. «A Maurice, on ne vend plus de scooter comme le mien. Il y a un nouveau modèle électronique qui est moins fiable. Ma Vespa a plus de 30 ans. Même si un câble est cassé, elle roule toujours. C?est une machine fiable qui ne tombe même pas en panne quand vous avez une fuite. Comme on le dit si bien en créole zame monn met moter an ba », confie Mosadeq, un chiffon à la main, astiquant son scooter bleu rutilant qui vient de bénéficier d?un rajeunissement côté peinture. «Quant à la consommation, comme la Vespa est dotée d?un moteur à deux temps, elle est très économique. J?utilise un mélange d?huile et d?essence », explique ce passionné.
Résolument rétro, sa carrosserie toute en rondeur protège le conducteur des projections de boue et de poussière. Le moteur, placé à l?arrière, entraîne directement la roue. Ainsi, finis les problèmes de chaîne et de graisse sur les vêtements. « En cas de chute, la Vespa est abîmée mais je suis protégé. Avec les motocyclettes, on se casse le pied ou la main, mais avec ma Vespa je n?ai rien eu», renchérit Mosadeq.
Toutefois, il devient difficile de trouver des pièces de rechange pour les anciens modèles devenus de véritables objets de collection. «Les pièces se font rares et on sera obligé de les acheter en Inde.» Notre féru de Vespa n?a aucunement l?intention de vendre son scooter qu?il bichonne avec amour. «Quand je le chevauche, c?est tellement confortable et agréable que c?est la dolce vita», résume-t-il.
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