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La liberté du poète

10 janvier 2006, 20:00

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Il est fonctionnaire. Le secret professionnel ne le prive pourtant pas de sa liberté. La plume est le symbole de sa liberté et Joseph Robertson jongle avec les mots pour s?exprimer. C?est sa façon de s?évader et pour mettre sur papier ce qu?il voit au quotidien.

Et c?est probablement son sens de l?observation qui lui a donné son passeport pour participer au Festival régional de la poésie organisée à La Réunion du 21 au 26 novembre. Dev Virahsawmy représentait Maurice alors que Joseph Robertson était le poète qui défendait Rodrigues. Pratiquement toutes les îles de l?océan Indien étaient représentées.

Le niveau du festival a été relevé par la présence d?Ariane Dreyfus, poète célèbre venue de la Métropole. Ce festival était une occasion pour sortir les poètes créoles de l?océan Indien de l?isolement. La matière grise a beaucoup fonctionné pendant ce festival. Comment mettre les ?uvres de ces hommes et de ces femmes de l?écriture sur les étagères des librairies?

Et pour sortir de l?isolement, il fallait aller vers les autres. Ainsi, les poètes ont donné des récitals dans des établissements scolaires et pénitentiaires. L?importance de la poésie créole était au centre des débats. Joseph Robertson n?est pas rentré au pays sans avoir laissé un souvenir à ce festival. L?aréopage des poètes a publié un recueil de poèmes et le Rodriguais y a deux de ses ?uvres.

Déchirure? Il s?est laissé influencer par un politicien pour écrire ce poème. Quelqu?un qu?il respecte énormément, mais qui de temps en temps le déçoit. ?Je me permets de lui dire ce que je pense?, dit-il. ?Au-delà du guichet et des paperasses? est une autre de ses ?uvres. Il a commencé très tôt sa carrière dans la fonction publique comme Medical records officer dans le secteur de la santé. Une âme sensible ne restera pas indifférente devant le temps perdu par un malade qui doit faire des démarches administratives.

Joseph Robertson exprime sa révolte avec sa plume. Il parle à peine, mais s?exprime avec des mots. ?Pas de rythme. Mais le plus important, c?est que le message passe?, dit-il. La poésie ne s?apprend pas à l?école. Et il se demande comment il est devenu poète alors qu?il détestait la poésie à l?école. Le souvenir de son enseignante de français, Mme Gungadoo, lui revient à l?esprit. ?Je lui disais toujours qu?écrire un poème était trop compliqué.?

Mais il met son ego de côté quand il tombe sur un poème. ?Si je tombe sur un poème, je le lis quand même et je ne sais toujours pas pourquoi.? Est-ce son côté militant qui fait de lui un poète. Pendant très longtemps, il a défendu les fonctionnaires comme syndicaliste. Il était sur tous les fronts. Mais à un certain âge, on préfère militer autrement. La plume est plus puissante que l?épée, dit l?adage.

?A 42 ans, je préfère me consacrer à ma famille et à mon travail tout en militant avec ma plume?.

Combien de poèmes a-t-il écrits? Une quinzaine ou une vingtaine, il ne sait pas. ?Tant qu?un poème n?est pas publié, il n?est pas achevé. Il y a toujours une dernière retouche.?

Il se souviendra encore de son premier poème, qui parlait de l?oiseau disparu, Le Solitaire. Il travaille actuellement sur un recueil , mais son plus grand rêve demeure le livre qu?il écrira. Il abordera le volet social, taquinera la politique et bien sûr certains volets de l?histoire rodriguaise, peu évoqués.

Ce sera un cadeau pour son pays qu?il admire et qu?il continue de raconter sur papier.

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