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La Leadway Insurance en panne
La Leadway Insurance, compagnie spécialisée dans l?assurance automobile, est actuellement en mauvaise posture. Son avenir semble incertain. La Financial Services Commission (FSC) a, depuis le mois de mai dernier, interdit à la compagnie de vendre de nouvelles polices d?assurance. Toutefois, cette directive n?a pas été rendue publique à la demande des actionnaires de la Leadway Insurance. Ils souhaitaient prévenir tout mouvement de panique chez sa clientèle. La FSC, pour sa part, est satisfaite que la Leadway Insurance ait obtempéré.
La démarche de la FSC d?interdire à la Leadway Insurance de vendre de nouvelles polices se justifie par le fait que sa situation financière ne lui permet pas d?assumer de nouveaux risques. Une injection de capitaux frais a été requise pour que la compagnie puisse poursuivre ses activités. A ce jour, les fonds additionnels ne se sont pas matérialisés.
Selon nos informations, les principaux actionnaires seraient partagés sur la question : certains voudraient bien renflouer la compagnie, tandis que pour d?autres, l?aventure serait bel et bien terminée.
La FSC, elle, n?attendra pas indéfiniment. Elle s?est fixée un délai au-delà duquel elle aura à prendre d?autres mesures. Les actionnaires de la Leadway Insurance peuvent apporter de nouveaux fonds ou trouver de nouveaux partenaires et acquéreurs. Si rien n?est fait, la Leadway Insurance mourra sans doute de mort naturelle lorsque les polices encore valables expireront.
Supervision serrée
La compagnie compte environ 6 000 clients qu?elle doit continuer à gérer jusqu?au terme de leurs contrats, à moins d?une nouvelle intervention de la FSC. La compagnie doit continuer à recevoir et à payer les réclamations. A hier toutefois, aucun des numéros de téléphone de la Leadway Insurance n?était en fonctionnement. Le service de renseignements de Mauritius Telecom (MT) nous apprend que tous les numéros ont été annulés.
Par ailleurs, selon nos informations, la Leadway Insurance aurait une ardoise de quelque Rs 30 millions de réclamations qu?elle doit aux autres compagnies d?assurances.
L?intervention de la FSC auprès de la Leadway Insurance fait partie d?un processus d?assainissement que le régulateur est en train de mener dans ce secteur depuis sa création.
Dès son entrée en opération, la FSC a effectué une évaluation de l?industrie des assurances et des compagnies y opérant. Celles qui paraissaient les plus vulnérables et celles qui représentaient le plus de risque ont été soumises à une supervision serrée.
C?est ainsi que la compagnie Secura Global Insurance a vu sa licence révoquée l?année dernière. Outre un problème de solvabilité, cette compagnie qui a été liquidée en mars de cette année est aussi soupçonnée d?avoir été utilisée pour détourner l?argent des primes versées par les assurés.
Une autre compagnie d?assurances qui était dans le collimateur de la FSC a réussi à se tirer d?affaire en attirant des investissements étrangers dans l?entreprise qui bénéficie également de l?expertise de ce groupe financier étranger.
C?est plus particulièrement dans l?assurance automobile que l?on note davantage de faiblesses, et donc de risques, pour les assurés. De nombreuses petites compagnies opèrent dans ce domaine. Avec la compétition la tentation est grande de casser les prix. Certaines compagnies en arrivent à proposer des polices à des prix tellement bas qu?ils ne couvrent pas le coût des services proposés. Schématiquement, ces compagnies éprouvent ensuite des difficultés à faire face aux réclamations. Les délais pour les paiements sont longs. Puis arrive un jour où la compagnie ne peut plus honorer ses engagements.
Ce scénario qui s?est déjà produit est au détriment des assurés. En cas d?accidents ils se retrouvent absolument sans recours puisque la compagnie censée les couvrir n?arrive pas leur venir en aide au moment où ils en ont justement besoin.
C?est pour éviter de tels déboires aux assurés que la FSC travaille à l?assainissement de l?industrie. ?Notre but n?est pas d?éliminer telle ou telle compagnie. Notre devoir est de protéger les assurés?, commente le Chief Executive de la FSC, Iqbal Rajahbalee.
?Un signal aux entreprises?
Les autorités planchent sur un nouvel encadrement légal afin de mieux réglementer le secteur des assurances. Selon ce projet de loi, la FSC disposera davantage de pouvoir de supervision qui lui permettra d?intervenir avant même que les compagnies d?assurances ne commencent à entrer dans le rouge.
Le projet de loi préconise également un rehaussement du capital souscrit minimum qui est actuellement de Rs 25 millions. ?Nous voulons donner un signal aux entreprises : il faut qu?elles possèdent un capital qui soit en relation avec le montant des risques couverts. Si les compagnies veulent couvrir des risques plus importants, il faudra qu?elles augmentent leur capital. Cette approche ne pénalisera pas celles qui veulent s?étendre?, déclare, Iqbal Rajahbalee.
Par ailleurs, les autorités préconisent une séparation entre l?assurance générale ? véhicule, incendie etc. ? et l?assurance à long terme telle que l?assurance-vie ou l?assurance-pension.
Les deux activités devront être menées par des compagnies distinctes, avec chacune leur capital propre, l?idée générale étant de ne pas mélanger les fonds.
Les besoins d?une compagnie d?assurance générale diffèrent de ceux d?une assurance-vie. La première a besoin de liquidités pour faire face aux réclamations, tandis que la seconde a surtout besoin d?une stratégie judicieuse de placement à long terme. D?où la justification de séparer les deux activités.
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