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La Légion d?honneur à un Mauricien
Tous seraient fiers de recevoir la Légion d?honneur. Jean Larcher, lui, reste quelque peu réticent à accepter cette distinction, pourtant largement méritée, que veut lui décerner le gouvernement français. Celui-ci aurait décidé d?inscrire à la Légion d?honneur l?octogénaire mauricien qui s?est illustré lors de la Seconde Guerre mondiale.
La cérémonie devrait se tenir à la fin du mois de novembre. Le principal intéressé refuse de commenter cette démarche du gouvernement français visant à reconnaître les services qu?il a rendus. Jean Larcher s?est en effet distingué à plusieurs reprises durant la Seconde Guerre mondiale.
Le Mauricien faisait partie des British Commandos, formés en 1940. Il s?agissait alors d?une force non régimentée, bien armée et employant des méthodes non conventionnelles de reconnaissance, d?assaut et de destruction. Jean Larcher avait pour mission de participer à des opérations de sabotage d?installations allemandes en France. Blessé au dos lors d?un parachutage en zone occupée et obligé de se cacher, il passa la ligne de démarcation en train, sous le nom de Lacoste et sous les regards suspicieux d?officiers allemands.
Il fut envoyé en Inde en 1943, en attendant d?être posté sur le front birman comme premier commando de la brigade des troisièmes commandos. L?armée japonaise avait envahi la Birmanie depuis décembre 1941 malgré les tentatives des Britanniques pour la reprise du pays. Les pertes humaines lors de ces affrontements furent énormes. Jean Larcher aurait déclaré avoir perdu ses meilleurs hommes dans ces combats. Il reçut une décoration pour ses actes de bravoure en Birmanie.
En mai 1945, la Birmanie tombait de nouveau sous le contrôle britannique. Jean Larcher fut embarqué sur un navire à destination de Singapour où ses hommes et lui attendaient des ordres pour débarquer au Japon. Leur navire fut dirigé vers Hong Kong peu après les bombardements d?Hiroshima et de Nagasaki. Jean Larcher fut donc parmi les premiers à libérer Hong Kong, à relâcher les prisonniers de guerre et à regrouper les forces d?occupation japonaises.
De retour à Maurice en 1946 avec sa femme et ses deux enfants, Jean Larcher s?est occupé d?une propriété que son père, Louis, avait acquise en 1932 : une petite usine de thé dans une hutte en terre, sans électricité, avec 1 200 arpents dont 800 plantés en théiers, connue sous le nom de Bois-Chéri. Vivant depuis à Maurice, Jean Larcher s?est toujours montré très discret et n?évoque pratiquement jamais l?autre partie de sa vie.
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