Publicité

La génération portable

15 août 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La génération portable

<B>Par Raj MEETARBHAN

Il faudrait que nos jeunes éteignent leur iPod ou leur mobile dernière génération pour s?éveiller à la réalité. S?ils n?y prennent garde, leur avenir se construira sans eux. Par choix, ou par manque de culture politique, ils ne cherchent pas à peser sur les orientations nationales par le biais d?actions collectives.

Un drame qui aurait dû ébranler toute une génération de jeunes se déroule en ce moment dans une indifférence quasi-totale parmi les premiers concernés. Il s?agit de la tragédie en plusieurs étapes qui frappe l?université. D?abord, beaucoup de jeunes ont appris que leurs demandes d?inscription ont été rejetées sans façon. Ensuite, ceux qui ont été inscrits ont découvert qu?il n?y a pas de locaux disponibles à Réduit et qu?un certain nombre d?entre eux seront canalisés vers des SSS. Hier, on leur a annoncé des mesures encore plus dures à digérer. Moins ils protestent, plus le mal s?abat sur eux.

Les étudiants viennent d?apprendre que, par mesure d?économie, il leur est demandé de se mettre à trois pour rédiger leur dissertation, mémoire ou thèse. Ils doivent être bien futés les maîtres de conférence qui seront appelés à jauger de la performance de chaque élément du trio et attribuer des notes individuelles.

En outre, une nouvelle panoplie de mesures a été adoptée concernant la taille des classes. "All modules with commonolities HAVE to be merged as tronc commun and some hours dedicated to cater to specialist issues", écrit le pro-vice chancelier de l?université dans une note circulaire. Pendant que l?université se résout à faire ces économies de bouts de chandelle, l?Etat continue, lui, à mener un train de vie dispendieux, avec des potentats et des mandarins qui se battent pour des limousines de luxe et des billets de première classe?

Les jeunes sont victimes, avant tout, de leur incapacité à contester ou à se mobiliser. Certains observateurs arguent que ces jeunes ne sont pas dépolitisés mais que la forme de leur engagement a changé. Ils se démarqueraient de leurs aînés en optant pour un engagement social et moral aux dépens de l?action politique. Cette analyse n?est pas validée par les faits.

Il est vrai qu?un groupe de jeunes a bien semblé défendre une cause écologique à Ferney, il y a quelque temps, mais leur mouvement a été dissous au lendemain des législatives de 2005. Du coup, on peut douter de la sincérité de leur engagement. De même, la semaine dernière, alors que l?aile jeune du MMM avait organisé une journée de réflexion sur des questions d?ordre national, ses invités sont restés passifs jusqu?à l?apparition des "girls" !

Si les jeunes pouvaient revendiquer leurs droits plus fortement que les mouvements socioculturels, l?Etat aurait peut-être réorienté les Rs 69 millions de subsides accordés aux religieux vers l?enseignement supérieur.

Publicité