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La guerre mine la direction au ministère de la Santé
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La guerre mine la direction au ministère de la Santé
Un trio infernal à la direction du ministère de la Santé. Les relations entre le ministre, Satish Faugoo, la Senior Chief Executive, Jaya Veerapen et le Director Health Services, Neerunjun Gopee, ne sont pas toujours au beau fixe. En arrière-plan : des renouvellements de contrat ? pour Jaya Veerapen à la mi-septembre et pour Neerunjun Gopee.
La guerre est déclarée. Même si, officiellement, des sources proches du milieu maintiennent «qu?il n?y a aucun conflit». Mais au ministère, deux camps semblent s?être formés : l?un en faveur de Neerunjun Gopee et l?autre, Jaya Veerapen.
D?abord, certains reprochent à Neerunjun Gopee, son «manque de dynamisme et son manque d?initiative». Mais, aux dires des ceux proches du milieu, Jaya Veerapen retarderait les procédures. «Il y a une centralisation de l?administration qui fait que les projets tardent et la bureaucratie règne en maître», confie un haut fonctionnaire. Celui-ci avance que, souvent, pour l?achat des médicaments, cette «mainmise» de l?administration constitue un vrai blocage.
Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, veut, lui, prendre du recul de ce climat conflictuel. Il n?explicitera pas les détails des problèmes à la direction mais souligne qu?il «condamne ces attitudes qui essayent de poser des préjudices à mon ministère. Il faut que les différences des uns et des autres soient réglées, notamment en favorisant des discussions franches comme de vrais adultes au lieu de faire des coups bas. Car toute cette campagne des uns et des autres ne peut que pourrir un climat de travail et occasionner des dysfonctionnements du système. C?est un secteur névralgique et il n?y a pas de temps pour ces campagnes malsaines».
Jaya Veerapen, actuellement en mission à Yaoundé, au Cameroun, n?a pas pu répondre à nos questions pour cause de problème dans les moyens de communication. Neerunjun Gopee n?a, lui, pas souhaité commenter ces divergences.
Mais ils sont plusieurs à vouloir attirer le ministre Faugoo dans le camp des anti-Gopee. Le ministre a en effet quelquefois fait officiellement part de son irritation vis-à-vis de son Chief Medical Officer. Mais il s?est dit satisfait de sa performance. «Je n?ai rien à lui reprocher. Il fait bien avancer les dossiers», affirme-t-il.
Neerunjun Gopee, employé sous contrat depuis deux ans, avait été nommé Chief Medical Officer. Après les recommandations du Pay Research Bureau (PRB), ce poste est devenu Director General Health Services, avec une rémunération de Rs 100 000.
Ce dernier aurait également obtenu le soutien du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et semble, par conséquent, indifférent face à ces critiques. Dans ses attributions, Neerunjun Gopee doit «conseiller le ministre par le biais du Senior Chief Executive».
Mais face aux reproches de «manque d?initiative», ceux qui sont en sa faveur soulignent qu?il préfère davantage travailler dans la discrétion et non faire étalage de ses réalisations. C?est d?ailleurs lui qui a piloté le projet de National Framework for Diabetes. Il est également derrière la révision du contenu et du nombre d?années pour l?internat des médecins. Il a aussi mené à bien le dossier des spécialistes venus de la Grande-Bretagne. Le Premier ministre lui a également confié le dossier sur la mortalité infantile à Rodrigues. Plus récemment, Jaya Veerapen lui a demandé de mener un audit des problèmes de Victoria. Rapport qu?il doit soumettre lundi.
Quant à Jaya Veerapen, le haut fonctionnaire interrogé avance que les techniciens doivent avoir davantage d?autonomie pour faire avancer des projets. «La structure décisionnelle occasionne des lourdeurs administratives qui peuvent bien être évitées», précise-t-il.
Mais les divergences sont telles que des fonctionnaires soupçonnés d?être dans un camp ou dans un autre se retrouvent comme des victimes collatérales. Comme ce haut cadre qui aurait été transféré pour avoir trop sympathisé avec Neerunjun Gopee...
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