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La gravure en pleine lumière
Neuf jours de création. Créer sans tenir compte des différences. Mais pointer vers un but : affirmer son identité artistique à travers la gravure. L?art se fera en imprimé du 6 au 14 janvier au Mahatma Gandhi Institute (MGI). 23 artistes d?ici et d?ailleurs bûcheront ensemble sur divers matériaux pour cet atelier de travail. Une rentrée artistique tout à fait fracassante.
Cette initiative découle d?une rencontre. Quand Neermala Luckeenarain, chargée de cours au MGI, rencontre Nirmalendu Das, principal de Kala Bhavan Santiniketan, l?idée bourgeonne. Au départ cet atelier devait accueillir deux artistes indiens. Mais l?envie était intenable. 23 artistes se sont amourachés de ce projet de création.
?Ces artistes internationaux viendront faire une démonstration chez nous en sus des séminaires et des ateliers de discussion. Ils vont aussi montrer comment on utilise la presse et créer des ?uvres?, explique Mala Ramyead-Chummun, responsable du département de Beaux-Arts au MGI. L?art de la lithographie gagnera du terrain.
Ce croisement artistique permettra aux Mauriciens, étudiants comme professionnels, de mieux capter la diversité de la lithographie. L?imprimerie, les pointes sèche et la sérigraphie entre autres. La technique recèle une incroyable richesse. Une méthode d?application où l?artiste fouille le matériel afin d?en extirper le beau.
Le point d?attraction de cet atelier s?oriente autour du nombre de pays concernés par cette initiative du département de Beaux-Arts. L?Inde sort la tête de l?eau avec sept artistes dont le principal de l?Université de Pune, le Bharati Vidyapeeth College of Fine Arts. Un artiste à la dextérité accrue qui a su, à travers la minutie et l?affectation au détail, attiser la curiosité des regardeurs.
Sera aussi présent Peter Ayi Kpade, le Togolais qui ouvre la bouche des sans-voix grâce à l?art. Qui tente de trouver des solutions aux problèmes de l?Afrique en faisant appel à la création. Il est diplômé d?une école d?art et de design du Nigeria. Mais la faculté de ce sculpteur avant tout, c?est qu?il trouve ses racines en manipulant les fils d?aluminium.
L?éveil des sens
Autre facette de ce qui nous attend : les artistes du Luxembourg. Ann Vinck et Danielle Grosbusch. Cette dernière se focalise sur un genre d?art plutôt fantastique. Au creux de sa passion pour la gravure, elle fait naître une saisissante aptitude à restituer les matériaux.
Il sera certes intéressant de concevoir les influences venant de tant de pays. Pour l?Estonie, Eve Kask saura captiver l?attention avec ses pulsions artistiques. Dans les années 80, elle était surtout connue pour ses gravures sur le lino et en couleur. Son thème, tenez-vous bien, était Mythological treatment of psychoanalyptic and erotic themes.
Quand l?artiste plonge au-delà du réel, il éveille les sens des regardeurs. Eve Kask produit cet effet aussi. Présidente de la Tallin Print Triennal, elle s?est chargée d?organiser des événements de cette envergure durant six années consécutives.
Pour notre île, l?engouement a été le même. L?incontournable figure des ateliers, Krishna Luchoomun, fera partie de l?équipe, en sus de Neermal Hurry, Nalini Treebhoobun, Mala Ramyead Chummun et Neermala Luckeenarain, entre autres.
Si les ateliers de travail ne sont pas ouverts au public, il pourra néanmoins assister aux causeries animées par les artistes entre 18 et 19 h 30 presque tous les jours. Divers sujets seront abordés. Ce sera une occasion de faire mousser les idées autour de la gravure. A noter toutefois la pauvreté des expositions de gravure à Maurice. Une technique qui possède une longueur d?avance sur le territoire étranger.
Une exposition regroupant toutes les créations est prévue le 13 janvier. Il nous tarde de découvrir ce que nous réservent ces artistes. Ce qui est sûr, c?est que l?art entame l?année en beauté.
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