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La Grande-Bretagne, premier pays du G7 avec une croissance négative

26 octobre 2008, 20:00

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Après 16 ans de croissance ininterrompue, le Royaume-Uni a vu son produit intérieur brut (PIB) reculer au troisième trimestre. Il est le premier pays du G7 à annoncer une contraction de son activité, alors que la crise financière a désormais contaminé l?économie réelle. Selon les premières estimations publiées par l?Office national des statistiques (ONS), vendredi dernier, la croissance britannique a été négative de 0,5 % entre juillet et septembre ? les économistes tablaient en moyenne sur une baisse de 0,2 % ? et s?établit désormais à 0,3 % sur les douze derniers mois.

Si on ne peut pas encore parler de récession ? il faut pour cela deux trimestres consécutifs de décroissance ?, plus personne en Grande-Bretagne ne doute aujourd?hui que le pays y soit entré. Le premier ministre Gordon Brown qui, pendant des mois, a refusé d?évoquer une récession, a employé le terme pour la première fois mercredi. La veille, Mervyn King, le gouverneur de la Banque d?Angleterre, s?était également résolu à ce qui est une évidence pour nombre d?observateurs depuis déjà quelques semaines. «Il s?agit là d?une crise unique, probablement la pire qu?ait jamais connue l?humanité», a déclaré, mercredi, Charles Bean, vice-gouverneur de la Banque d?Angleterre.

Aucun secteur ? à part l?agriculture et les services publics, qui représentent respectivement 1 % et 23 % du PIB - n?est épargné. Les services, qui pèsent pour 75,2 % dans l?économie britannique, ont vu leur activité reculer de 0,4 %, la plus forte baisse depuis dix-huit ans.

La production industrielle (18 % du PIB) a reculé de 1 % et la construction (5,9 % du PIB) de 0,8 %. Alors que, lors des récessions du début des années 1980 et 1990, le sud de la Grande-Bretagne, plus tourné vers les services que le nord industriel, avait été épargné, cette fois, l?ensemble du pays devrait souffrir.

Hausse du taux de chômage

L?économie du Royaume-Uni n?a pas résisté à la simultanéité de la hausse des prix de l?alimentation et de l?énergie (fin septembre, l?inflation a grimpé à 5,2 %), d?une chute du marché de l?immobilier (les prix ont baissé de 10 % depuis un an et les transactions en septembre ont chuté de 53 % par rapport à septembre 2007) et du resserrement du crédit.

Dans ce contexte, les ménages britanniques, qui ont été 19 000 à voir leur maison saisie au premier semestre, soit 40 % de plus que sur les six premiers mois 2007, se serrent la ceinture. Leurs achats de vêtements et de chaussures ont reculé de 2,3 % en septembre. Le mois dernier, les ventes de voitures ont chuté de 21 %. Mêmes les dépenses alimentaires encaissent le coup.

Conséquence, le chômage augmente. Il atteignait 5,7 % fin septembre, son plus haut niveau depuis 1999, et certains économistes le voient remonter à 10 %. Il ne se passe pas un jour sans une mauvaise nouvelle sur le front de l?emploi. Vendredi, Goldman Sachs a annoncé la suppression de 10 % de ses postes, ce qui devrait toucher 600 personnes en Grande-Bretagne. Nissan vient d?ouvrir un plan de départs volontaires dans son usine de Sunderland. Jeudi, les ouvriers de l'équipement JCB (construction, manutention, agriculture) ont accepté de perdre 50 livres sur leur salaire hebdomadaire pour éviter 350 départs.

La Confederation of British Industry (CBI) prévoit que 65 000 emplois industriels auront disparu entre fin juin et fin décembre, alors que les carnets de commandes se vident et que le moral des industriels est au plus bas depuis 28 ans. Côté finances, le Centre for Economic and Business Research (CEBR) pronostique 62 000 suppressions de postes à la City d?ici à la fin 2009 (28 000 en 2008 et 34 000 en 2009).

Personne n?anticipe une sortie rapide de crise. Le think tank National Institute of Economic and Social Research prévoit au moins quatre trimestres consécutifs de baisse de l?activité. Vendredi, à la publication des chiffres de l?ONS, la livre sterling et la Bourse de Londres ont plongé.

Virginie MALINGRE

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