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La francophonie de retour dans l?océan Indien
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La francophonie de retour dans l?océan Indien
Par Nad SIVARAMEN </B>
Ravalomanana revient victorieux du Québec. Le XIIIe sommet de la Francophonie aura lieu dans deux ans à Madagascar. La partie n?a pas été facile pour les Malgaches car les diplomates et supporters centre-africains de la République démocratique du Congo (RDC) faisaient un lobby intense, depuis plusieurs mois, pour que ce pays en guerre accueille le sommet. Ces derniers voulaient un «message fort» d?une «solidarité de la Francophonie à la terrible guerre».
Selon l?Agence France Presse, le président Marc Ravalomanana serait allé jusqu?à menacer le retrait de Madagascar de la francophonie en cas de non-élection de son pays. « Une situation qui a obligé les participants à prendre position au cours d?une séance à huis clos? ».
Les efforts d?Alain Joyandet, Secrétaire d?état français chargé de la Coopération et de la Francophonie, qui cherchait un consensus pour que l?un, d?entre Madagascar de Ravalomanana et la RDC de Joseph Kabila, organise le sommet en 2010 et l?autre en 2012, «peu importe l?ordre», n?a pas été écouté. «Dans le contexte aussi difficile que celui d?aujourd?hui, il ne faut pas qu?on se divise pour le choix du lieu du prochain sommet (?) Ces deux pays sont des amis de la France. Franchement, s?ils pouvaient se mettre d?accord, ça nous arrangerait tous», plaidait Joyandet.
Moins de 24 heures avant la fin du Sommet, dimanche, aucun des deux pays n?avait lâché prise. «Après une lutte acharnée », Madagascar a été choisi pour accueillir le prochain sommet. Un succès diplomatique pour Ravalomanana, qualifié par la presse française de «piètre francophone (?) isolé de La France, (?) qui ne cache pas ses accointances supérieures envers les pays asiatiques et l?Afrique australe, en grande majorité anglophone.»
Comment se porte-t-elle, cette francophonie dans l?océan Indien ? Le 21 août dernier, dans un entretien qu?il accordait à la page «hors-côtes», Auguste Moussirou-Mouyama, nouveau directeur du Bureau régional océan Indien de l?Agence universitaire de la francophonie (AUF), soulevait cette question pour expliquer son rôle dans la région : «Nous sommes là pour chercher les voies et les moyens d?améliorer les indicateurs d?activités de nos institutions membres à Maurice : que les enseignants-chercheurs, les chercheurs, les étudiants de Maurice, parlant français, hindi, créole, anglais et d?autres langues encore, soient plus nombreux à bénéficier de bourses, de stages, de cours, de programmes de recherche multiformes et de tous les appuis scientifiques, relationnels et technologiques qu?offre notre agence. Sans aucun esprit de clocher ni concurrence malsaine.»
L?Organisation internationale de la Francophonie compte désormais 70 membres dont 56 États et gouvernements membres à part entière et 14 pays observateurs. A la suite d?une convention signée, en marge du sommet de Québec, par le secrétaire général de l?OIF, Abdou Diouf, et le secrétaire d?État français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, en présence du président Nicolas Sarkozy, il a été convenu qu?une Maison de la Francophonie, ouvre ses portes, dans deux ans, à Paris. Toutes les agences de la Francophonie (secrétariat général, OIF, Assemblée consultative et représentations des différents opérateurs). Cette même année, tout ce monde aura le regard vers le sud-ouest de l?océan Indien, vers la Grande île ? qui accueillera aussi, en juillet 2009, le sommet de l?Union africaine. Des chantiers pour créer de nouvelles capacités d?accueil pour les délégations vont bientôt s?ouvrir à Madagascar? Mais c?est aussi toute la région qui doit profiter de cette visibilité sur la scène mondiale.
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