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La France participerait à la reconstruction
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La France participerait à la reconstruction
La France est-elle en passe, en cette année 2004, de «remonter à bord» (du bateau américain), comme le laisse entendre l?hebdomadaire Newsweek, qui n?exclut pas que «des troupes françaises soient en Irak l?été prochain» ? «A bord, mais sans troupes !», rétorque un proche de Jacques Chirac, quand on l?interroge à ce sujet. La France n?a pas changé de position, explique-t-il : elle ne veut rien avoir à faire avec la coalition dirigée par les Etats-Unis, «qui est une force d?occupation» en Irak.
Paris ne propose à ce stade que des interventions de type humanitaire, en y mettant de surcroît de prudentes conditions : que les missions qui pourraient être menées, dans les domaines de la santé ou de l?éducation par exemple, viennent en appui de projets des Nations unies et «n?aient pas d?ordres à recevoir ni de comptes à rendre à la coalition» ; que leur sécurité soit assurée. Rien là de bien nouveau. Pourtant, on ne nie pas, dans l?entourage de Jacques Chirac, qu?une phase nouvelle soit engagée sur le dossier irakien ni qu?elle puisse éventuellement déboucher, dans six mois, sur un engagement plus conséquent de la France dans ce pays.
Cette phase est celle de la préparation à un mois de juin vers lequel convergent plusieurs échéances internationales importantes, à commencer par une échéance-clé pour l?Irak : celle du rétablissement de la souveraineté et de la fin de l?Autorité américaine, aujourd?hui incarnée à Bagdad par Paul Bremer.
A qui passer la main ? Quel type de système prendra-t-il la relève ? Avec combien de troupes de la coalition restant sur place ? George Bush, qui, en juin, sera au c?ur de sa campagne pour l?élection présidentielle, doit avoir d?ici là arrêté sa posture sur l?Irak et sur d?autres aspects des relations internationales plus ou moins liés à ce dossier.
Juin sera en effet aussi le mois du sommet annuel du G8, du sommet Etats-Unis - UE, du sommet de l?OTAN, du 60e anniversaire du débarquement en Normandie, dont M. Chirac dit vouloir faire une «célébration du lien transatlantique». Tout cela se prépare maintenant, à Washington comme à Paris. Sur l?Irak, le moment est venu pour tout le monde de faire évoluer les stratégies. La perspective du rétablissement de la souveraineté irakienne lève, au moins formellement, l?obstacle de principe qui empêchait Paris de reprendre pied dans ce dossier. Les responsables français voient en outre dans certains «signaux» récemment émis par Washington l?indice d?un désir de concertation auxquels ils souhaitent manifestement répondre.
TOURNÉE EUROPÉENNE
Quand il est passé à Paris à la mi-décembre, porteur apparemment d?un de ces «signaux», l?envoyé américain James Baker n?est pas reparti bredouille mais avec un accord de principe de la France pour réduire la dette irakienne. Les Américains ont aujourd?hui cessé d?opposer aux Français une moue dédaigneuse. Michèle Alliot-Marie va être reçue dans quelques jours à Washington par Donald Rumsfeld, le secrétaire à la défense ; le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, Maurice Gourdaut-Montagne, le sera à la fin du mois par Condoleezza Rice.
Tirant les leçons du déplorable effet produit il y a quelques semaines par une annonce de Paul Wolfowitz sur l?attribution sélective des contrats de reconstruction, la Maison Blanche a pris soin de faire savoir, il y a quelques jours, à l?Elysée qu?une nouvelle tranche de 5 milliards de dollars d?aide à la reconstruction de l?Irak allait être prochainement débloquée, à laquelle les entreprises françaises et celles d?autres pays précédemment exclus pourraient soumissionner, de même qu?à la troisième tranche du même montant qui sera débloquée en juillet.
La France a d?autre part décidé, en décembre, après concertation avec Berlin, de recevoir au plus haut niveau ? celui du président de la République - une délégation du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien dirigée par Abdel Aziz Al-Hakim, en tournée en Europe. Dans le plan présenté par Paul Bremer à la mi-novembre, aucun rôle n?a été prévu pour l?ONU dans ce processus, alors même que Washington reproche aux Nations unies leur manque d?empressement à revenir prêter leur concours ? mais lequel ? ? en Irak.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a convoqué à New York, pour le 19 janvier, une réunion avec les représentants du CIG irakien, dans l?espoir de clarifier les choses. Après une expérience tragique qui a coûté très cher en vies humaines au mois d?août, il ne veut plus engager l?Organisation en Irak sur un mandat ambigu.
Claire TRÉAN
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