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La France ordonne de rapatrier le Clémenceau

17 février 2006, 00:00

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La France a mis un terme provisoire au feuilleton diplomatico-judiciaire du Clemenceau en ordonnant le rapatriement de l?ancien porte-avions à Brest dans l?attente d?une ?solution définitive? pour son démantèlement. L?ancien porte-avions, qui mouille au large de l?Inde où il devait être désamianté, doit faire demi-tour ?dans les prochaines heures ou les prochains jours?, a annoncé la ministre de la Défense lors d?une conférence de presse en fin de journée.

Le voyage de retour de l?ancien fleuron de la marine française, parti de Toulon fin décembre, passera par le Cap de Bonne-Espérance, devrait durer ?environ trois mois? et coûter un million d?euros à l?Etat.

Cette feuille de route permet d?éviter le Canal de Suez, devant lequel le Clemenceau avait été bloqué à l?aller pendant plus d?une semaine.

Pour Greenpeace et la Fédération internationale des droits de l?homme (FIDH), qui se battent depuis plus d?un an contre le transfert du Clemenceau en Inde, ce retour constitue une ?victoire de la morale et du droit?.

Au nom du Parti socialiste, François Hollande a réclamé une ?enquête complète? sur une ?affaire d?Etat (qui) ternit gravement l?image de la France? et constitue un ?camouflet? pour Jacques Chirac. Les Verts rappellent de leur côté ?le scandale des plus de 700 navires civils bourrés de produits polluants que les pays industrialisés envoient dans les chantiers de démolition asiatiques?.

Attendu dimanche à New Delhi, le chef de l?Etat a ordonné le rapatriement de la coque moins d?une heure après la suspension par le Conseil d?Etat du transfert du Clemenceau vers le chantier indien d?Alang. L?instance administrative ayant décidé de requalifier le Clemenceau comme ?déchet? et non pas comme ?matériel de guerre?, Matignon a annoncé dans la foulée une prochaine réforme des procédures applicables à l?exportation des anciens navires civils et militaires en fin de vie.

La coque ?Q 790? mouillera ?dans un premier temps? dans le port militaire de Brest, dans l?attente d?une nouvelle expertise des matériaux dangereux restant à bord, également ordonnée par le chef de l?Etat, a précisé Michèle Alliot-Marie. La plus grande incertitude règne sur la quantité d?amiante que contiendrait encore le navire, mis en service en 1961. Le ministère de la Défense parle de 46 tonnes quand les organisations de défense de l?environnement évoque entre 500 et 1 000 tonnes. ?S?il y a des variations, elles seront sans doute très loin de certains chiffres avancés de milliers de tonnes qui ne correspondent pas à la nature? du Clemenceau, navire militaire contenant moins d?amiante que les bâtiments civils, a expliqué la ministre de la Défense.

En envoyant le porte-avions en Inde dans le cadre d?un partenariat industriel, ?notre volonté était de créer une filière propre et sûre? pour le désamiantage et le démantèlement des navires civils ou militaires, a-t-elle souligné. La décision du Conseil d?Etat ?ne remet pas en cause? cette volonté française, a insisté Michèle Alliot-Marie, pour qui il n?était pas question non plus de couler le Clemenceau. Sa ?structure complexe? présenterait à l?avenir des dangers pour les plongeurs, a-t-elle estimé.

Face au fiasco, Jacques Chirac et Michèle Alliot-Marie ont appelé de leurs voeux une réflexion à l?échelle européenne afin de renforcer les capacités de démantèlement et de dépollution. En Inde, cet épilogue a provoqué une cascade de déceptions. ?Nous espérions tirer des revenus quotidiens de ce chantier et maintenant il va nous falloir sortir d?Alang pour aller chercher du travail?, a expliqué à Reuters Yatin Chaubey, secrétaire général du syndicat local, le Alang Ship-Breaking Workers? Union.

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