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?La force de Munich Re, c?est sa base de connaissances?
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?La force de Munich Re, c?est sa base de connaissances?
?<B>Le monde de la réassurance reste un grand mystère pour le grand public. Pourriez-vous nous décrire les principaux traits de cette activité ? </B>
Il faut remonter à la source. Un assuré, qu?il soit un membre du public ou une entreprise, décide de transférer contre paiement d?une prime un certain nombre de risques à une société d?assurances. Il s?agit d?un transfert de risque de perte ou de sinistre. L?assureur rassemble une multitude de ces polices contre lesquelles il a perçu des primes. Il dispose ainsi d?une somme pour régler ces sinistres.
La prévalence des sinistres répond à certaines règles de donnes et comportements statistiques. Le descriptif anglais correspond parfaitement à l?esprit même de l?industrie : ?The losses of the few are paid for by the premiums of the many.?
Il y a une réplication de ce modèle de l?autre côté de la barrière. L?assureur passe, lui, une partie du risque de l?assuré originel à un réassureur. L?enchaînement peut continuer plus loin dans bien des cas impliquant surtout des risques à capitaux importants ou complexes. La société de réassurance peut à son tour décider de rétrocéder une partie de ses risques à un autre réassureur.
A titre d?exemple, le vrac sucrier, la centrale thermique de Belle Vue ou encore l?aéroport comportent des risques très importants en termes de capitaux assurés. Les risques sont réassurés par des dizaines de réassureurs à travers le monde. Un assureur peut demander un placement pour une police spécifique (placement facultatif, comme dans les cas précités) ou pour un ensemble de polices (traités). En ce qu?il s?agit des traités, les polices sont regroupées en profils-risques distincts.
?<B> Plusieurs sociétés de réassurance sont donc impliquées dans un programme de réassurance?</B>
L?essence même de l?industrie est d?éviter une concentration de risques. L?assureur retient une partie du risque sur chaque police d?assurance, et passe la différence à des réassureurs au terme des contrats qui sont renouvelés chaque année. Des risques répondant à certains paramètres (profil-risque des polices, capacité financière des maisons d?assurances) énoncés dans le contrat sont regroupés en des traités. Ceux qui dépassent ces paramètres sont considérés comme pour des placements facultatifs.
Le réassureur, dépendant de sa capacité financière, peut accepter un pourcentage de chaque traité et de chaque placement facultatif. Une maison d?assurances se retrouve donc couverte par plus d?un réassureur. Chaque porteur de risque recherche la diversification de son portefeuille pour éviter la faillite.
?<B> Comment donc choisir le meilleur réassureur pour la circonstance ? </B>
L?assuré initial, lui, s?en tient au contrat qui le lie à son assureur. Il incombe à ce dernier d?honorer ses engagements envers son client. Celui-ci n?est nullement concerné par les arrangements de réassurance. C?est la raison pour laquelle le choix des réassureurs est très important. Les agences de notation se chargent de faire l?évaluation de la sécurité qu?offrent les réassureurs.
Par ailleurs, les traités de réassurance sont visés et approuvés par le régulateur financier, notamment la Financial Services Commision (FSC) qui s?appuie sur les notes octroyées par les agences internationales de credit-rating. Dans le cas des placements facultatifs, c?est l?assureur seul qui décide.
Le secteur des assurances local est très dépendant de la réassurance. 70 % du business de l?assurance non vie en dehors de l?automobile est réassuré. Pour pouvoir accéder à la réassurance, il faut d?abord que les sociétés de réassurance s?intéressent à Maurice. Dans la plupart des cas, le placement se fait à travers des courtiers de réassurance. La réassurance est un marché très spécialisé auquel les maisons de courtage ont accès de par leurs connaissances. Elles choisissent les réassureurs et effectuent les placements. Elles représentent par ailleurs un maillon essentiel dans le secteur, et opèrent sous la supervision du régulateur financier.
La plupart des sociétés de courtage ont leur propre dispositif de notation pour faire le travail d?évaluation des réassureurs.
?<B>Que recherchez-vous chez un assureur avant d?accepter de couvrir une partie de ses risques ? </B>
Toute l?industrie est fondée sur la notion d?honnêteté et d?intégrité. Avant d?aller de l?avant avec une souscription, le réassureur doit se faire une opinion sur le management et l?équipe technique de la compagnie d?assurances. Le prochain projet de loi sur le secteur des assurances prévoit que les personnes qui occupent des postes de responsabilité au sein des maisons d?assurances devront toutes répondre aux critères de fit and proper. Il y a aussi les critères de capacité financière. Compétence, intégrité et capacité financière sont les maîtres mots dans ce métier.
La capacité technique de l?assureur nous intéresse beaucoup. Quand une société d?assurances nous approche pour réassurer un risque de génie civil (routes, ponts?), mais ne dispose d?aucune compétence dans cette discipline, nous souscrivons nous-mêmes au risque en question. Nous disposons, nous, des compétences nécessaires pour le faire.
?<B> Cela voudrait dire qu?un réassureur doit posséder une vaste palette de savoir-faire et de technologies?</B>
La réassurance est une industrie qui est très mondialisée. Les deux premières activités qui ont toujours eu une dimension mondiale sont le transport maritime et la réassurance. Les deux industries ont évolué de pair. Pour pouvoir opérer un portefeuille diversifié (par type de risque ou par répartition géographique des risques), il faut être présent à travers le globe.
Cela implique aussi d?avoir une base de compétences variée assortie de plusieurs disciplines tels la médecine, la géologie, la physique, les statistiques, les sciences démographiques, le génie civil? Dans le cas de Munich Re, notre système de compétences est reparti à travers le monde. Toutes nos filiales sont reliées par un réseau informatique qui nous permet de partager les connaissances. Nous avons un échange régulier d?information et de savoir-faire. Un expert en droit maritime peut partager ses connaissances à la branche qui en a besoin. Si ici à Maurice nous avons besoin des conseils d?un géologue, nous n?avons qu?à accéder au système informatique.
Munich Re a mis en place un système de topic networks qui permettent aux experts dans les différents domaines d?échanger des idées. C?est notre capital de connaissances qui fait notre force concurrentielle. La capacité financière est sous-entendue. Ce qui fait la différence chez nous c?est effectivement la somme de savoir-faire dont nous disposons et que nous développons constamment.
?<B>La nouvelle loi sur les assurances à Maurice devra conforter les réassureurs?</B>
Nous accueillons les nouvelles lois avec beaucoup de satisfaction, même si nous ne sommes pas directement concernés. Il y aura un réalignement de la régulation avec les normes internationales. La loi actuelle est vieille de dix huit ans. Il était grand temps de la remettre à jour. Les pratiques ont beaucoup évolué durant ce temps sur le plan international. Il est très réconfortant pour nous de savoir que l?industrie mauricienne des assurances sera soumise aux normes internationales. Cela contribue à rendre la juridiction mauricienne encore plus crédible.
?<B> Pour quelles raisons, Munich Re s?est-elle intéressée à Maurice ? </B>
Notre filiale à Maurice couvre 39 pays de l?Afrique subsaharienne en dehors de l?Afrique australe. Il y a plusieurs motivations derrière notre installation ici : l?absence de contrôle de changes ; bilinguisme qui nous permet de toucher les pays africains francophones; et l?existence d?une fiscalité légère par rapport au taux d?imposition corporative de 35 % en Afrique du Sud, par exemple.
<I>?Dans le cas de Munich Re, notre système de compétences est réparti à travers le monde. Toutes nos filiales sont reliées par un réseau infomatique qui nous permet de partager les connaissances. Nous avons un échange régulier d?information et de savoir-faire.?</I>
Propos recueillis par<B>Akilesh roopun</B>
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