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La flambée des frustrations

25 janvier 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Disons-le d?emblée : il est injuste de rendre le gouvernement responsable de l?envolée des prix. Il ne dispose d?aucune marge de man?uvre pour juguler les hausses massives des prix des produits pétroliers et des denrées alimentaires de base. Des tendances lourdes sur les marchés mondiaux tirent les prix importés à la hausse. Toutefois, même s?il n?y a pas de coupable, il y a certainement des victimes. La vie chère fait en effet beaucoup de victimes. Trop, pour que nous puissions rester indifférents au problème sous prétexte qu?il est causé par des facteurs exogènes.

Il y a aujourd?hui un grand nombre de ménages, en particulier dans les classes populaires et moyennes qui éprouvent du mal à faire face à leurs dépenses courantes. Même en se privant de tout ce qui est superflu, ils n?arrivent pas à boucler leurs fins de mois. L?ascension vertigineuse des prix de la vie quotidienne affecte une fraction de plus en plus importante de la population. Les décideurs ne peuvent plus se détourner de cette réalité. On est en situation de crise.

Certes, les dirigeants ne possèdent pas de baguette magique pour faire baisser les prix mais ils peuvent certainement agir sur d?autres paramètres avant que la grogne des consommateurs ne s?aggrave. Tout le débat doit être réorienté pour que l?on s?intéresse, non pas au coût de la vie, mais au pouvoir d?achat. L?Etat ne peut pas faire baisser les prix mais il peut élaborer une nouvelle politique de salaires dont l?objectif serait d?augmenter le pouvoir d?achat.

Bien entendu, une évolution de salaires qui n?est pas accompagnée d?une amélioration de productivité est dangereuse. Les économistes savent que des augmentations de revenus, sans un effort supplémentaire des travailleurs, peuvent entraîner le pays dans une spirale prix-salaires et miner la compétitivité de ses entreprises. Il faut donc que le salarié travaille davantage s?il ne veut pas enclencher la spirale redoutée. Même dans les pays développés, la solution qui est préconisée à la question du pouvoir d?achat passe par une productivité accrue : «travailler plus pour gagner plus».

Si le gouvernement veut contenir les frustrations qui s?accumulent avec la baisse du pouvoir d?achat, il doit également ?uvrer en faveur d?un partage plus juste des ressources. Dans les entreprises, les inégalités se creusent entre salariés de base et cadres. Dans la fonction publique et dans les corps parapublics, des nominés politiques s?en donnent à c?ur joie. Ils s?octroient des privilèges indus en termes de salaires, de voitures de luxe et de voyages. Abus et gaspillages sont légion. Le Parti travailliste a réduit le nombre de ministres mais a compensé les siens en créant des postes inutiles, tel celui occupé par Indira Sidaya à Paris.

Le problème, c?est que le gouvernement ne pourra organiser un débat constructif autour de la question du pouvoir d?achat. Il se retrouvera, au sein du forum de négociations qu?il a créé l?année dernière, le NPC, des interlocuteurs qui lui sont acquis d?avance.

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