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La FIU s?inquiète de la diminution des cas suspects

29 mars 2005, 00:00

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Les lois pour combattre le blanchiment d?argent et autres formes de délinquance à col blanc ont encore du chemin à parcourir avant qu?elles ne soient respectées par l?ensemble des opérateurs concernés. Les autorités doivent entreprendre de gros efforts pour encourager une culture de dénonciation et de divulgation de transactions douteuses auprès des institutions compétentes

Le nombre de cas suspects de délits financiers rapportés à la Financial Intelligence Unit (FIU) a chuté en 2004 comparé à l?année précédente (118 rapports contre 157). ?La chute des STR (suspicious transactions reports) est inquiétante. Il faudra étudier les causes de cet état de choses. Mais en général, nous pensons que les lois contre le blanchiment sont encore récentes. Ça prendra du temps avant que les entreprises n?y soient habituées?, explique Dev Bikoo, directeur de la FIU. L?organisme a publié hier son rapport annuel pour 2004.

Le rôle principal de la FIU est de collecter, d?analyser et de disséminer aux agences d?investigation (la police, l?Independent Commission against Corruption ? Icac) les informations reçues sur les cas douteux. Les cas sont généralement rapportés par les intermédiaires financiers qui se trouvent être des conduits par excellence pour blanchir les recettes provenant d?activités criminelles.

Une fois alertée sur la possibilité d?une fraude, l?agence se met au travail et recherche un maximum de données pertinentes à la transaction suspecte. ?Nous apportons une valeur ajoutée en effectuant une topologie de l?opération et en la situant dans un contexte business. Nous l?évaluons par rapport au profil du suspect?, affirme Danny Sanhye, directeur-adjoint de la FIU. L?année dernière, l?agence a référé 78 dossiers (sur les 118 cas traités) aux autorités d?investigation pour les enquêtes appropriées. L?analyse des données par la FIU facilite le travail de la police et de l?Icac en leur permettant de remonter plus rapidement les filières d?un mouvement d?argent clandestin.

Cette dernière dépend beaucoup des intermédiaires financiers pour pouvoir faire son travail. Elle est aussi alertée par les institutions de supervision financière telle la Banque de Maurice et la Financial Services Commission. Depuis l?entrée en opération de la FIU en 2002, ce sont les banques qui se taillent la part du lion avec 35 % des alertes. Les offshore management companies occupent la deuxième place avec 31 % du nombre de rapports, suivies des agences d?investigation (22 %), et les autres types d?entreprises (11 %).

La FIU doit garder l??il ouvert sur les divers types de blanchiment d?argent : des délits commis localement et l?argent blanchi dans le circuit financier local; le blanchiment des recettes à Maurice d?un crime commis hors de nos côtes; et le transfert à l?étranger des fonds provenant d?une opération frauduleuse menée à Maurice. Il y a aussi des cas beaucoup plus complexes : de l?argent sale généré à Maurice expédié à l?étranger avant d?être rapatrié sous forme de capitaux propres.

La FIU s?intéresse aussi au financement du terrorisme. ?Les activités liées au terrorisme peuvent être financées à la fois à travers le blanchiment d?argent ou à partir de fonds tout à fait légitimes au départ?, souligne Danny Sanhye.

L?agence use beaucoup de la technologie de l?information dans ses opérations de recherche et d?analyse de renseignements. Elle compte aussi sur les échanges d?informations entre les différentes FIU à travers le monde pour mener à bien sa mission.

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