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La filière africaine copie le réseau indien
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La filière africaine copie le réseau indien
Rien ne va plus. Après les passeurs indiens engagés dans le trafic de drogue à Maurice, le réseau sud-africain semble reprendre les vieilles tactiques de leurs prédécesseurs pour ne pas mettre leurs contacts locaux dans l?embarras. Ces derniers temps, on a constaté qu?un éclaireur est envoyé dans l?île, une ou deux semaines avant le passeur pour ne pas éveiller les soupçons de la police. Lorsque la mule débarque avec sa cargaison, c?est le « touriste » qui prend livraison de la drogue. Lequel sera alors approché par le contact local qui aura pris tout son temps pour vérifier s?il n?a pas été mis sous surveillance policière.
Cela s?est vérifié en mai dernier lorsque le Sud-Africain Hamza Ndwandwe est venu se charger de la drogue rapportée la veille par le Tanzanien Juma Maulid Mohamedi.
Ils avaient monté le coup ensemble et ont importé 200 grammes de drogue évaluée à Rs 2 millions. Ils devaient remettre la marchandise à un contact local qui n?a jamais été retracé. De l?eau a coulé sous les ponts depuis les premiers passeurs, mais les méthodes de la police en matière de lutte anti-drogue n?ont guère changées.
Des complices qui veillent au grain
De nos jours, grâce aux téléphones portables, il est très facile pour un complice embusqué à l?aéroport de signaler qu?un passeur a été intercepté. Et lorsqu?une opération de surveillance est mise en place à l?hôtel où le passeur est censé descendre, il est certain qu?un autre complice veille au grain.
C?est ce qui expliquerait sans doute pourquoi aucun contact local n?a été appréhendé dans le cas du couple sud-africain intercepté, samedi dernier, avec Rs 5,3 millions d?héroïne.
Vers 16 h 05, les bagages de Karel Jacobus Burger, 41 ans, et de sa compagne Chrisella Schuster, 49 ans, sont soumis à une fouille par la brigade antidrogue basée à l?aéroport. La drogue est découverte dans les semelles d?une paire de sandalettes. Aux agents de l?Adsu, ces habitants de Pretoria déclarent qu?un certain John les ont envoyés à Maurice avec pour mission de descendre à l?hôtel Casa Florida, à Péreybère. Après plusieurs appels échangés entre le dénommé John et Karel Burger, l?opération de surveillance tournera en eau de boudin. Le contact local ne s?étant pas présenté à la livraison, sur le parking de l?hypermarché Super U.
Toujours dans la filière africaine, l?Adsu a arrêté un mozambicain avec dix grammes d?héroïne et des devises, jeudi à Flic-en-Flac.
« Revoir les méthodes de surveillance »
En rentrant à l?hôtel, la dernière instruction de John au passeur a été de rentrer en Afrique du Sud avec la drogue, car le contact local s?est montré soupçonneux? « Il est peut-être temps de revoir les méthodes de surveillance mais c?est un risque à prendre de ne pas intercepter un suspect. Si le contact local a un complice à l?hôtel où le passeur est descendu, on peut perdre la drogue », explique un membre de l?Adsu.
« Les Africains copient les Indiens. Dans le passé, on a arrêté un passeur indien descendu à un hôtel aux abords des Casernes centrales. Son boss était, lui, au pays depuis plusieurs jours déjà et logeait dans un hôtel à Quatre-Bornes. On l?a cueilli lorsqu?il est venu prendre livraison de la drogue. Par la suite, on a arrêté un deuxième passeur venu rencontrer le patron à son hôtel », indique un ancien membre de la Flying Squad.
« Il faut davantage de monitoring sur les touristes de la Grande île et de l?Afrique. Les passeurs malgaches préfèrent les hôtels à Quatre-Bornes alors que les Sud-Africains descendent pour la plupart à Port-Louis. Les contacts locaux doivent résider dans un certain périmètre, nous étudions tout cela de près », déclare pour sa part un membre de la commission des narcotiques.
Quoi qu?il en soit, il serait peut-être temps de changer de méthode, car un véhicule de la brigade antidrogue est identifiable à moins d?un kilomètre. Ne parlons pas des agents en civil qui ont tous la même tête et presque le même goût vestimentaire?
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