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La ferme porcine ne fait pas l?unanimité

25 juillet 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Fer site vinn rezidens et rezidens vinn depotoir». C?est le slogan qu?on entend en ce moment à Petite-Rivière et à Richelieu. Les forces vives de ces deux villages se mobilisent pour contrer un projet du ministère de l?Agroalimentaire qui veut reloger les éleveurs de porcs de St-Martin dans un Jardin de porcs à Richelieu sur un terrain, à coté de la ferme bovine de ce ministère. La délocalisation est évoquée depuis que la firme Gamma a présenté un projet IRS dans la région de Canot et d?Albion.

Les réunions se succèdent dans ces deux villages pour adopter la meilleure stratégie afin de faire le ministère abandonner ce projet.

Lundi soir, les forces vives de Richelieu ont tenu une réunion pour tâter le pouls des habitants de Richelieu. Ceux-ci ont été unanimes à dire qu?ils ne veulent pas d?un élevage de porcs dans la région. Les forces vives préparent déjà une pétition destinée au ministre Arvin Boolell et aux députés de la région pour leur expliquer les raisons de leur opposition au projet.

Eddy Fabienne, un des membres des forces vives de Richelieu, prévoit les dégâts que ce projet aurait sur l?environnement. «Nous savons que ce jardin de porcs incommodera les écoliers qui fréquentent l?école primaire et l?école maternelle. Les habitants de la Cité Richelieu aussi seront incommodés par l?odeur venant de la porcherie», dit-il.

De plus, les habitants de Richelieu demeurent sceptiques quant au système de traitement des déchets que le promoteur du projet adoptera. Ils avancent qu?aucun système n?est fiable.

«Il est probable que, pendant une année, les déchets seront traités, mais que se passera-t-il après ? Les eaux usées vont polluer toutes les sources de la région, sans compter qu?il y aura les odeurs», maintient Eddy Fabienne.

<B>Les légumes plutôt</B>

Les forces vives de Richelieu proposent au ministère de l?Agroalimentaire d?utiliser le terrain pour cultiver des légumes et approvisionner les habitants, ce qui créera du travail pour les chômeurs de la cité. «Nous pensons que c?est mieux d?autant plus que la crise alimentaire nous guette», déclare Eddy Fabienne.

A quelques mètres de Richelieu, les forces de Petite-Rivière partagent la même inquiétude. Le président, Mahadev Boodhoo, est d?avis que le site choisi est trop proche de la zone d?habitation. «La porcherie est actuellement dans une région isolée. Je ne comprends pas la logique de la transférer à proxomité des habitations», dit-il. Il précise que les habitants n?auraient pas protesté si elle était située très loin des demeures.

Une nouvelle réunion mardi après-midi n?a fait que confirmer le rejet du projet d?élevage de porcs dans la région. L?odeur qui s?en dégagera est le principal argument des protestataires. Neel Gokulsing, membre des forces vives de Petite-Rivière et conseiller du village, se souvient de la vague des protestations soulevées quand le ministère avait ouvert la ferme bovine à Richelieu. «Nous avions eu la garantie verbale qu?il n?y n?aurait pas d?odeur, mais nous constatons que tel n?est pas le cas. Imaginez maintenant que le gouvernement ajoute une ferme pour les porcs ...», dit-il. Ce conseiller affirme que toute la région sera affectée par ce projet car outre Petite-Rivière et Richelieu, Albion et Gros-Cailloux seront aussi incommodés par l?odeur car ces villages se trouvent sous vent. Il craint également que les mouches véhiculent des maladies dans la région.

Les forces vives de ces deux villages préparent actuellement une rencontre avec les députés des circonscriptions une et deux pour manifester leur opposition au projet.

QUESTION PARLEMENTAIRE

<B>Arvin Boolell : «Pas de décision finale»</B>

■ Ariane Navarre-Marie, députée de Richelieu, a interpellé le ministre Boolell au parlement le 15 juillet sur ce projet.

Le ministre a informé la chambre qu?il a présidé une réunion organisée par Jambes Burty David avec les forces vives. Il a rappelé que les négociations sont toujours en cours avec le groupe Gamma pour les modalités et le relogement des éleveurs de porcs. Il a affirmé qu?aucune décision finale n?a été prise. Dès qu?une décision sera arrêtée, il la fera connaître à toutes les parties concernées ainsi qu?aux habitants de Richelieu. Le ministre a ajouté qu?il prendra en considération leurs doléances et que le président du «Pig Sector Restructuring Committee a rencontré le président des forces vives de Richelieu pour discuter de l?affaire.

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