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La femme de JFK
Il s?appelle John Forbes Kerry. Pour arracher Bush junior de la Maison Blanche, il faut au moins s?appeler John Forbes Kerry. À cause des initiales. JFK. Cela rappelle de bons souvenirs. Et même si le sénateur du Massachusetts n?a pas vraiment le charisme de son mythique prédécesseur, il peut jouer du symbole.
JFK, ces trois lettres appartiennent pour l?éternité au rêve américain.
Dans les portraits qui lui sont consacrés aux États-Unis, on apprend que JF Kerry tient de longue date JF Kennedy pour son idole. Dans sa jeunesse, il a fréquenté une certaine Janet Auchincloss, qui n?était autre que la demi-s?ur de Jacqueline Kennedy.
N?allons pas croire que cette idylle n?avait d?autre but que d?approcher pour de vrai le héros de ses 20 ans. Mais, comme l?a écrit le New York Times cité cette semaine par Courrier International, « Kerry a ainsi pu faire du bateau au large de Rhode Island avec le président Kennedy à la barre ». On ne doute pas que le jeune étudiant de Yale déplia son 1,93 mètre pour observer de près le Boss et apprécier sa manière de mener sa barque.
Pour pousser encore le bouchon, notons que, une fois envoyé au Vietnam, c?est sur un patrouilleur que John Forbes Kerry se porta volontaire pour combattre sur le fleuve Mékong. Son embarcation ressemblait comme deux gouttes d?eau au PT 109, le patrouilleur sur lequel servit Kennedy dans le Pacifique, pendant la Seconde guerre mondiale.
Les amis de Kerry ne s?y trompent pas. Ainsi ce capitaine des pompiers à la retraite, cité par l?Express, qui, au moment de présenter le candidat démocrate à la foule, lors d?un récent meeting, a vu sa langue fourcher : « Venez applaudir John Kennery ! »
Un personnage à part
À propos du possible tombeur de « W » on lit toutes sortes de choses : qu?il cite en français André Gide et qu?il se pique de poésie (encore un). Qu?il joue Yesterday à la guitare. Que son grand-père était un juif austro-tchèque du nom de Fritz Kohn, devenu Frederick Kerry après sa conversion au catholicisme et son arrivée aux États-Unis.
JF Kerry est aussi revenu du Vietnam couvert de médailles après avoir tué pour de bon des ennemis. On dit que c?est un atout pour lui, dans la course à la Maison Blanche, le cran qu?il a eu autrefois de faire parler les mitrailleuses.
Mais si quelque chose détonne en lui, c?est plutôt quelqu?un. Et même quelqu?une : Teresa Heinz Kerry, sa femme. Veuve d?un sénateur républicain, héritière de l?empire du ketchup Heinz, elle n?a quitté que très récemment sa famille politique pour soutenir son mari. Schwarzenegger s?est imposé en Californie avec à ses côtés une fille du clan Kennedy. Kerry, lui, espère un triomphe démocrate au bras d?une transfuge du camp opposé.
Les origines portugaises de Teresa, sa fortune, sa gouaille et son franc-parler, son discours social et écolo, tout cela fait d?elle un personnage à part ? et à part entière ? dans la campagne de Kerry. « Récemment, rapporte le New York Times, elle a été interviewée avec deux conseillers à ses côtés pour l?empêcher de tenir des propos politiquement indésirables. » L?establishment la boude, mais ce que les foules semblent aimer le plus en JFK, c?est Teresa.
2003 Le Monde ? AFP Distribué par The New York Times Syndicate
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