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La femme, alliée de l?Icac ?

28 novembre 2004, 00:00

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«La femme a toujours été un symbole de lumière, de lutte et d?espoir. Aujourd?hui encore vous êtes ce symbole qui nous guidera dans notre lutte contre la corruption», affirme Gérard Bussier, directeur de la Prevention and Education Division de l?Independent Commission against Corruption (Icac). Il intervenait, hier à l?auditorium Octave Wiéhé, lors du National Womens? Forum consacré à la femme et à sa participation dans la lutte contre la corruption. Ce forum, organisé par l?Icac, est l?aboutissement d?une série d?ateliers de travail visant quelque 300 femmes de plusieurs associations et de différents milieux socioculturels.

Les victimes de la corruption sont souvent les personnes les plus vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants. Les femmes présentes en grand nombre en sont conscientes, comme Lutchmana Chandradoo du Club du 3e âge de Quartier-Militaire. « Il faut arrêter de nous embêter », s?insurge la sexagénaire. La raison de sa colère ? Son amie a dû débourser Rs 50 pour obtenir une copie de son acte de naissance en urgence d?un bureau de l?état civil.

En général, les femmes abhorrent de se laisser piéger par la corruption. L?assistant commissaire de l?Icac, Moussa Taujoo a ainsi expliqué que les études effectuées par des institutions reconnues telle la Banque mondiale démontrent que les femmes sont moins susceptibles de céder à la corruption en raison de leur stricte adhérence aux principes, valeurs et normes de la société. « Cette conformité à l?éthique et le positionnement de l?élite féminine dans la société font que les femmes sont un vecteur fiable pour la dissémination des valeurs. »

Navin Beekarry, le n° 1 de la commission anticorruption, a, quant à lui, souhaité plus de collaboration entre les femmes et l?Icac. « Si nous réussissons à travailler de concert avec les femmes, cela va contribuer graduellement à changer les hommes. La corruption est tellement empreinte dans la société que cela va prendre du temps à changer. Mais l?important c?est de commencer. »

Pour cela, il faut dès maintenant faire de l?éducation la priorité de ce combat. La lutte anticorruption ne se limite pas aux enquêtes, poursuit-il. « Par exemple, sur cent cas rapportés, il y a peut-être dix condamnations en raison des lenteurs juridiques. Cela n?a rien à voir avec nous. Nous faisons au mieux notre travail. Me pli ou éduk dimoun, pli zot pou vinn delavan pour dénons koripsion et pli lenket pou bouzé. »

Si rien n?est fait, ce fléau va davantage gangrener la société et mettra en péril le développement économique du pays.

« La corruption détruit les secteurs de l?économie et représente un manque à gagner qui peut se chiffrer en milliards. Résultat : cela se répercute sur le développement continu dans les domaines de la santé, de l?éducation, des infrastructures? »

Après les femmes, les prochaines cibles de la Prevention and Education Division de la commission anticoruption seront le judiciaire et la classe politique.

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