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La discothèque idéale pour le centenaire de Karajan
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La discothèque idéale pour le centenaire de Karajan
La figure, omniprésente de son vivant, du chef d?orchestre autrichien Herbert von Karajan (1908-1989) avait fini par devenir proverbiale chez les amateurs de musique classique enregistrée. Une étoile qui a à peine pâli avec les années et qu?on redécouvre à l?occasion du centenaire de sa naissance.
EMI-Voix de son Maître, écurie chez laquelle il débuta sa carrière, a choisi de commémorer l?illustre baguette, patron de la Philharmonie de Berlin de 1955 à 1988, par un vrai cadeau : la parution de la quasi intégralité de ses enregistrements symphoniques pour le petit chien Nipper (1946 ? 1984) en 88 CD.
Pour fonder sa discothèque, les ?uvres contenues dans ce coffret ont tout ce qu?il y a d?essentiel : les Quatre Saisons de Vivaldi, Water Music de Haendel, les «grandes» symphonies de Mozart, quelques précieux Haydn et Schumann, les 9 symphonies de Beethoven (avec en bonus des secondes Huitième et Neuvième, enregistrées isolément en 1946-1947), les 1ère, 2ème et 4ème de Brahms, les deux dernières symphonies de Dvorak, les Schubert et de très beaux Bruckner. Ainsi que le triptyque des dernières symphonies de Tchaïkovski, de larges extraits de ses grands ballets et énormément de chevaux de bataille des salles de concert (Gaieté Parisienne d?Offenbach-Rosenthal imbattable, Valses de Strauss irréprochables, poèmes symphoniques de Richard Strauss conquérants), les grands Concertos pour piano et pour violon?
«Une étoile qui a à peine pâli avec les années et qu?on redécouvre à l?occasion du centenaire de sa naissance.»
Entre Vienne (le Philharmonique), Londres (le Philharmonia), la Philharmonie de Berlin et l?Orchestre de Paris, le niveau des interprètes est superlatif, si ce n?est que par son goût du risque, Karajan a parfois rendu des lectures plus intellectualisées que chez d?autres chefs, plus soucieux, quant à eux, de porter le «message de la musique» à hauteur d?homme. Chez le chef autrichien, le son au fil des années se fait de plus en plus fondu, beau, et élastique, comme pour créer une grande courbe rêveuse sur laquelle peut reposer l?instantané, le présent de la musique. Une esthétique et un caractère mieux qu?un style ou une vérité. A l?époque de Karajan, faire de la musique était autant une affaire de «gourou» que de texte sacré.
Pour ceux qui acceptent ce positionnement et pour les plus curieux, ce coffret est une mine : Tapiola de Sibelius fulgurant et mystérieux, Pins de Rome de Respighi oniriques, Ouvertures de Rossini merveilleuses d?équilibre, Fantastique et Carnaval Romain de Berlioz ultra-romantiques, légendaire Concerto de Schumann avec le pianiste Dinu Lipatti, tous avec l?Orchestre Philharmonia à son zénith.
Synonyme de Beethoven
Karajan ne fut pas qu?un synonyme de Beethoven. Ni qu?un argument de marketing. Il fut, certes, insolent (Musiques pour cordes de Bartok en 1960 à Berlin), hédoniste (7ème de Bruckner avec le même orchestre en 1970), parfois décevant (Inachevée de Schubert inaboutie, avec le Philharmonia en 1955). Ses Ravel avec l?Orchestre de Paris (lors de son court passage à la tête de cette formation au début des années 70) font presque mentir la légende d?un Karajan incapable de trouver la couleur et la transparence requises dans ce répertoire.
Si le coffret n?est apparemment pas disponible à Maurice, on peut se le procurer des disquaires en ligne. Coût moyen : entre Rs 6 000 et Rs 8 000, port inclus. EMI a aussi annoncé qu?une version téléchargeable serait bientôt disponible. Les mordus voudront poursuivre avec un autre volume, consacré aux enregistrements d?opéras.
REPERES
Karajan en quelques dates
■ 1929 : Remarqué en dirigeant Tchaïkovski et Richard Strauss à Salzbourg, puis à Ulm.
■ 1935 : Adhère au Parti nazi. Il le quittera en 1945.
■ 1939 : Est interdit par Hitler de conduire à Bayreuth après avoir perdu le fil des «Maîtres Chanteurs» qu'il conduisait sans livret lors d?une représentation pour les monarques yougoslaves. Il continue comme maître du Staatskapelle de l'Opéra à Berlin. Il sera mandaté par Hitler pour célébrer la Chute de Paris par une représentation de «Tristan und Isolde» en présence des notables nazis et de Winifred Wagner.
■ 1947 : Est «dénazifié» par les Alliés et pris sous contrat par Walter Legge.
■ 1948: Devient chef d?orchestre permanent du «Philharmonia Orchestra» (Londres).
■ 1955- 1989: Elu chef à vie de l'Orchestre philharmonique de Berlin.
■ 1956 ? 1964 : Directeur artistique de l?Opéra d?Etat de Vienne.
■ 1967 : Prend la direction du Festival de Salzbourg.
■ 1969 ? 1971 : Directeur artistique de l'Orchestre de Paris.
■ 1973 : Crée le Festival de Pâques de Salzbourg.
■ 1977 ? 1989 : Retour à Vienne après la brouille de mai 1964. Il n?y fut plus jamais directeur, mais chef invité.
■ à partir de 1982 : Rapports de plus en plus tendus avec «ses» musiciens de Berlin. Karajan va de plus en plus souvent diriger à Vienne.
■ 1989 : Démissionne de l'Orchestre Philharmonique de Berlin.
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