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?La différence entre les deux camps est dans l?approche?
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?La différence entre les deux camps est dans l?approche?
En quoi la campagne de 2005 différe-t-elle des précédentes ?
Depuis 1991, les campagnes électorales ne sont plus fondées sur une lutte idéologique. Aujourd?hui, la lutte est pour le pouvoir, et ce, dans les deux camps, à quelques nuances près. Les partis évoquent les mêmes questions d?économie et de bien-être de la population. La différence entre les deux camps est dans l?approche, dans la manière d?attirer les électeurs. Par exemple, le concept de duty-free island est bien accueilli. Sauf que, comme le font ressortir des économistes et l?Alliance sociale, l?idée n?est pas dirigée vers l?homme de la rue mais est plutôt en faveur des riches. Dans d?autres domaines, par contre, les idées se rejoignent, comme pour le Welfare State. Les élections terminées, le vainqueur ne changera rien à ce qui a été fait.
Cette uniformisation des partis réduit les possibilités de l?électeur?
Mais c?est aussi vrai que la gestion et le système de partage de pouvoir de l?alliance MSM-MMM a provoqué la division au sein de la population. Il nous faut un Premier ministre pour cinq ans afin qu?il ait le temps d?assurer un leadership au pays.
Votre interprétation du principe de partage de pouvoir.
Ce n?est qu?une façon d?accéder au pouvoir satisfaisant deux segments importants de la population. Il n?y a pas d?idée constructive derrière.
Pourtant, ces cinq dernières années, il n?y a pas eu d?instabilité politique à la tête de l?Etat ?
Il y a eu une prédominance de Bérenger alors qu?Anerood Jugnauth avait laissé sa place de Premier ministre. Malgré cela, il y a, par la suite, eu des clashes entre Bérenger et Pravind Jugnauth. Si l?alliance MSM-MMM est reconduite au pouvoir, les choses vont s?envenimer parce qu?il y aura davantage de pression pour que Pravind Jugnauth s?affirme.
Que pensez-vous de Pravind Jugnauth?
Il a eu trop de pouvoir trop jeune. Il est aujourd?hui un peu rempli de lui-même. Sans faire d?apprentissage, il s?est retrouvé dans une position de dirigeant.
Il a été conseiller municipal, ministre de l?Agriculture, des Finances, vice-Premier ministre avant de postuler au poste de PM?
Cet argument tiendrait s?il n?avait pas été le fils de Sir Anerood Jugnauth.
C?est le système des partis qui maintient la structure dynastique?
A l?étranger, on retrouve le même mécanisme. Il est vrai que dans la tête des gens, il y a des noms qui ont une certaine aura. Nous sommes, à ce niveau, un peu monarchistes.
Quelle est votre lecture du bilan du gouvernement ?
Avec le deal Illovo, le gouvernement a eu une opportunité qu?elle a laissée échapper pour effectuer une réforme agraire. Il y a aussi eu les scandales et Bérenger a commis d?incalculables gaffes. Quand on est PM, il faut savoir éviter d?insulter des partenaires surtout lorsqu?on peut avoir besoin d?eux.
Vous vous devez de critiquer mais tout ne peut être totalement négatif?
Il y a en effet de bonnes choses. Mais ils ont voulu impressionner les gens, comme en construisant des écoles sans s?assurer qu?il y aurait des équipements, le personnel et les aménités nécessaires. Inn donne dimounn enn bon costim me ek enn chemiz sal.
Vous prévoyez des élections serrées ?
Durant une campagne, tout peut changer en deux jours. Le vent souffle actuellement en faveur du PTr, mais les choses dépendront de ce que feront les musulmans. Leur vote sera un facteur déterminant. A ce stade, ils sont déchirés.
Vous êtes devenu plus conciliant à l?égard de Navin Ramgoolam. Qu?est-ce qui a changé chez lui ?
Dans sa manière de réfléchir, il est devenu très différent. En 1995, il était un peu jeune, un peu play-boy. Aujourd?hui, c?est quelqu?un qui s?est réinventé. Désormais, il travaille avec une équipe qu?il écoute. Il prend aussi des engagements auprès des groupes et des associations qu?il va devoir respecter. D?ailleurs, sa winning formula en dix points est quelque chose d?extraordinaire.
La présidence de la République, serait-ce une récompense ou un aboutissement pour vous ?
C?est une question qui n?a pas été discutée. Nous avons déjà un président.
Propos recueillis par Nazim ESOOF
IMPRESSIONS
La prérogative des aînés
■ Confortablement installé dans son canapé, sir Satcam Boolell a le débit d?un homme qui sait de quoi il parle. Le téléphone est à portée de main et les journaux et magazines posés sur un guéridon : il est dans son espace de travail. De temps à autre, le téléphone sonne. Quand il répond, il y a dans le ton quelque chose qui invite son interlocuteur à aller droit au but. C?est qu?il n?aime pas perdre son temps. Et il est encore moins disposé à dire des choses simplement pour faire plaisir. C?est en cela que le regard de sir Satcam est aussi parlant que sa parole. Dans ce regard, on distingue confusément tout ce qu?il ne dira pas. Parce que sir Satcam ne dit pas tout ce qu?il sait. C?est la prérogative des aînés.
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