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La dette publique interpelle Moody?s

23 février 2005, 00:00

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Tout en qualifiant de succès remarquable notre développement économique, l?agence de notation Moody?s peint un avenir peu glorieux pour le pays. Aux bouleversements dans les industries textile et sucrière ralentissant la croissance, s?ajoute une importante dette publique. Dans ce rapport, publié la semaine dernière, l?agence maintient le foreign currency rating à Baa2.

La dette publique suscite des interrogations. Elle est passée de 48,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2001 à 56,1 % en juin 2004. Avec cette situation qui ne s?améliorerait pas en 2005, l?agence évoque un désavantage additionnel qu?est une croissance ralentie, un déficit fiscal en hausse et/ou une augmentation des taux d?intérêt. Qui plus est, dit Moody?s, l?Etat a puisé dans ses réserves pour compenser le déficit 2003-2004. Du coup, ses réserves actuelles, Rs 2,4 milliards, seront insuffisantes au vu d?un déficit annoncé à Rs 9 milliards pour la présente année financière. Sur le plan du déficit budgétaire, l?agence relève que le gouvernement n?a pu atteindre son objectif de le ramener à 3 % pour 2006-2007.

Moody?s analyse que le gouvernement a été assez proactif sur deux plans. D?abord la restructuration des secteurs textile et sucrier. Et la mise en place des infrastructures adéquates pour des industries susceptibles de dynamiser la croissance telles que les technologies de l?information et de la communication, et le projet de la cybercité. Le textile et le sucre, représentant 25 % du PIB, rétrécissent. Des pertes d?emploi sont toujours à prévoir. Mais le tourisme, secteur porteur, est en expansion, constate l?agence. Or, il faudrait un accès aérien plus libéral de même qu?une promotion ciblée.

?Sans une réforme du marché du travail et une amélioration du cursus scolaire, c?est difficile de prévoir une expansion significative de nouveaux secteurs, qui remplaceraient le textile et le sucre en déclin?, souligne Moody?s. Les industries privilégiées par l?Etat sont exigeantes en main-d??uvre tant en termes de salaires que de qualité. Mais le marché du travail est onéreux et peu formé, en dépit des coûteux efforts de l?Etat visant à améliorer les infrastructures des écoles. Du coup, le chômage est en hausse, et la main-d??uvre étrangère en croissance. Et la croissance à moyen et à long terme reste ?incertaine?.

Si un nouveau régime s?installe à l?issue des élections générales, selon Moody?s, la politique macroéconomique, dans son ensemble, ne changerait pas drastiquement d?orientation. ?L?on s?attend à une victoire de l?alliance au pouvoir, mais il se pourrait que ce présent régime soit vulnérable si la situation économique dégénère au cours des prochains mois?, précise l?agence de notation. Force est de constater, indiquent les rédacteurs du rapport, que la campagne électorale contrarierait les ?plans relativement timides? de réduire le déficit fiscal. Alors que le chômage est en hausse.

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