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La dernière bataille d?Highbury

2 janvier 2006, 20:00

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Les temps ont changé en Angleterre. Il y a encore quelques saisons, les observateurs de la Premier League se mettaient sur leur 31 au moment où Arsenal et Manchester United s?apprêtaient à s?affronter en championnat.

C?était l?époque où les deux équipes jouaient le titre, où Ferguson s?attaquait tous les jours à Wenger, où Keane et Vieira se détestaient mutuellement. L?époque, aussi, où le Times, le Mirror, le Guardian et l?Independent rivalisaient d?ingéniosité pour trouver le titre qui tue, l?angle qui accroche, l?interview qui dérange. C?était, en somme, la belle époque.

Aujourd?hui, les données ne sont plus les mêmes, loin de là. La Premier League est la chasse gardée de Chelsea. Manchester United est à onze points des Blues, Arsenal s?accroche tant bien que mal à la première moitié du classement. Mourinho fait de l?ombre à Wenger et à Ferguson, qui ont désormais d?autres chats à fouetter que de régler leurs comptes par journaux interposés. Quant à Keane et à Vieira, ils ne font plus partie du décor, le premier ayant été rejoindre un championnat écossais étonnamment discret et morose, le second ayant posé ses valises à Turin.

Ce soir, en clôture de la 21e journée, Highbury sera donc le théâtre d?un choc qui n?en n?est plus tout à fait un, même si le stade sera plein, même si le match sera intense, même si l?enjeu reste, quoiqu?on dise, majeur.

Preuve, s?il en faut, que les observateurs ont aujourd?hui mieux à se mettre sous la dent qu?un Arsenal-Manchester United, les traditionnels previews consacrés à la Premier League ont plutôt choisi de mettre en évidence l?épopée de Liverpool, qui jouait pour une onzième victoire consécutive hier à Bolton, voire, dans certains cas, les présentes difficultés de Chelsea, dont la récente belle série cache pourtant un jeu moins fluide, mois convaincant qu?en début de saison.

Quoiqu?il en soit, au moment où les Diables rouges fouleront pour la dernière fois de l?histoire la mythique pelouse d?Highbury, qui fermera ses portes en mai, il est à parier que les voix des commentateurs se feront graves, que les 22 acteurs se défieront une fois de plus du regard avant d?en découdre. Car ainsi le veut la tradition quand s?affrontent ces deux ennemis jurés.

Pour ce qui est du reste, on a tous compris qu?Arsenal aura à sortir le grand jeu pour opposer une résistance crédible à une équipe mancunienne étonnamment solide face à Bolton le 31 décembre et qui, n?était-ce le cavalier seul épatant de Chelsea, aurait certainement été en course pour le titre une fois de plus.

Ce qui est vrai pour United ne l?est pas pour les Gunners qui, eux, ne se font guère plus d?illusions. Le titre ? Ça fait longtemps que le Nord de Londres n?y pense plus.

À Aston Villa, samedi, les protégés d?Arsène Wenger se sont contentés d?un match nul frustrant, 0-0, qui, sans les parades de Lehmann, aurait très bien pu finir en défaite, la septième en dix-neuf matches. Ce déplacement dans les Midlands a une nouvelle fois mis en évidence les faiblesses d?une équipe redevenue comme les autres sans son maître à jouer Patrick Vieira.

Ce soir, contre United, j?ai pourtant la conviction que c?est un autre Arsenal qu?on verra à l?oeuvre. Un Arsenal plus généreux, plus motivé, plus dangereux. Un Arsenal digne de son nom, de sa réputation, de son statut. Un Arsenal comme on l?aime, tout simplement.

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