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La cybertour, la clé d?une grande aventure

2 juillet 2004, 20:00

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Aux grandes ambitions, les grands moyens. Ce n?était pas l?inauguration officielle mais cela y ressemblait beaucoup. Car il fallait bien marquer la fin des travaux d?une pierre blanche. D?où la cérémonie de remise des clés à la cybertour d?Ebène, hier soir.

La grandeur était de rigueur en l?absence d?une date d?inauguration officielle ? le mois d?août est d?ailleurs chuchoté avec insistance. Le temps de confirmer la venue du Premier ministre indien, Manmohan Singh.

Plus que jamais, dit le Premier ministre, le secteur des Technologies de l?information et de la communication (Tic) sera le « prochain moteur de la croissance ».

La vision du gouvernement ne se limite pas néanmoins au remplissage de la cybertour par centres d?appels, compagnies d?externalisation ou de développement de logiciels. Tel un virus, bénéfique celui-là, les Tic doivent se répandre dans les foyers mauriciens. « Chaque famille doit non seulement posséder un ordinateur mais aussi avoir un de ses membres qui travaille dans ce secteur », décrète Paul Bérenger. Et c?est là que la cybertour servira d?exemple.

Rappelant que le taux de remplissage de la tour est de 65 %, Paul Bérenger déclare que « les prophètes de malheur qui croyaient voir dans la Cybertour un éléphant blanc avaient tort ».

Chand Bhadain, président exécutif de Business Park of Mauritius Ltd (BPML), gérant de la cybercité et administrateur de la cybertour, voit dans ce bâtiment « la clé du futur de Maurice ». Une clé qui ouvre une nouvelle ère, celle des Tic. Elle servira « d?arme de séduction pour attirer des investisseurs étrangers ». Cette clé, il la reçoit de Vivek Gadgil et Mohan Das Saini, respectivement vice-président de Larsen & Toubro et directeur des opérations de Shapoorji Pallonji.

Pour achever les 11 étages de la cybertour en 18 mois, ce consortium a fait travailler plus de 1 500 personnes, pour la plupart de nationalité indienne. Au total, les travaux ont coûté Rs 1, 5 milliard. Tout cela pour donner ce que les dirigeants mauriciens, Premier ministre en tête, qualifient de « bâtiment le plus intelligent de cette partie du monde ».

Cependant, l?édifice aurait pu demeurer un simple concept, tel que concocté par l?ancien gouvernement travailliste, si l?Inde n?était pas passée par là. Une partie de son financement provient de la ligne de crédit de US$ 100 millions obtenu fin 2000 par Sir Anerood Jugnauth, alors qu?il était Premier ministre.

Pripuran Singh Haer, haut-commissaire de l?Inde à Maurice, est là pour le rappeler. Il réitère les v?ux de la Grande péninsule « de réaliser ses obligations en tant que partenaire stratégique de Maurice dans le domaine des Tic ». L?Inde continuera à épauler le pays pour réaliser la vision de faire de Maurice un « cyber hub ».

Un épineux problème reste toutefois à régler. Si Maurice veut réaliser ses belles ambitions, elle devra fournir la main-d??uvre nécessaire. Et c?est justement là que le bât blesse.

Le petit réservoir de gens qualifiés est quasiment épuisé. Environ 500 personnes sont déployées dans les 12 compagnies qui opèrent ou qui vont opérer dans la cybertour. D?ici décembre, 1 500 autres devraient y travailler.

« Nous avons perdu du temps dans la formation de la main-d??uvre nécessaire. Toutefois, nous avançons à pleine vapeur pour réduire le fossé. Bientôt, ce ne sera plus que de l?histoire ancienne », lance le Premier ministre lors d?un point de presse improvisé.

Le budget présenté par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, présent à la cérémonie, ambitionne de pallier ce manque. 5 000 détenteurs du School Certificate et du Higher School Certificate bénéficieront d?une formation sur une période de deux ans. Les jeunes seront prioritairement formés pour pouvoir travailler dans des centres d?appels et dans l?externalisation (Business Process Outsourcing).

Cependant, si les technopoles de Malaisie, de HongKong et de la ville « high tech » de Hyderabad sont restées vides pendant quelques années, il ne faut pas pécher par excès de confiance.

Maurice n?est pas le seul pays émergent à vouloir se positionner en temps que capitale du cyber. D?autres Etats ? Maroc, Sénégal, Malaisie ou encore Tunisie ? tentent également le forcing pour s?imposer sur les marchés tant convoités.

Entre-temps, même si BPML songe à ériger une seconde tour, le secteur privé est gracieusement invité « à relever le défi et à mettre sur pied des cybertours à travers l?île », lance Paul Bérenger.

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