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La Corée du Nord gèlerait son programme nucléaire

14 février 2004, 20:00

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La Corée annonce qu?elle ne procédera ni à des essais ni à la fabrication d?armes atomiques dans ce qu?elle qualifie de « concession audacieuse » aux états-Unis pour faciliter un règlement de la crise sur son programme nucléaire. La Corée du Nord « va s?abstenir de procéder à des tests et à la production d?armes atomiques, et même stopper l?activité de son industrie nucléaire civile dans un objectif pacifique comme premières mesures d?un ensemble en vue d?une solution. Cela ne peut être autre chose qu?une concession audacieuse de plus », a rapporté l?agence officielle du régime stalinien KCNA.

Pyongyang dit attendre en retour des concessions de Washington alors que des initiatives se poursuivent pour organiser une seconde session de négociations multilatérales afin d?amener la Corée du Nord à renoncer à ses ambitions nucléaires.

Une première série de pourparlers

KCNA ajoute qu?en échange des concessions nord-coréennes, Washington devrait « simultanément » prendre des mesures de réciprocité, comme rayer la Corée de la liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, lever différentes sanctions et reprendre ses livraisons de carburant suspendues après les révélations sur ses programmes nucléaires.

Une première série de pourparlers, regroupant les états-Unis, le Japon, la Russie, la Corée du Sud, la Corée du Nord et la Chine fin août à Pékin, n?avait pas permis de dénouer la crise.

Les Etats-Unis insistent pour que Pyongyang abandonne son programme nucléaire sans conditions préalables, alors que la Corée du Nord réclame des garanties de sécurité et d?autres mesures en échange.

De nouvelles négociations à six, prévues le mois dernier, avaient été repoussées en raison des divergences. Les pays concernés espéraient pouvoir organiser une réunion dans les trois premières semaines de 2004. Mais les dernières informations laissaient entendre que cela ne serait sans doute pas possible. Le ministre des affaires étrangères sud-coréen a déclaré que les discussions pourraient être repoussées de plusieurs mois. « J'espère que les pourparlers se tiendront dans la première moitié de l?année au plus tard » a dit M. Yoon Young-kwan.

La Corée du Nord avait une nouvelle fois jeté le doute sur sa participation en évoquant un « retard », voire un « abandon » si les états-Unis ne faisaient pas un geste préalable. Washington avait répliqué en disant ne pas vouloir offrir de contrepartie pour amener Pyongyang à la table de négociation.

De son côté, Moscou a estimé qu?il y avait encore des chances ? mais faibles ? pour que les pourparlers puissent se tenir.

Équipes américaines en route pour Pyongyang

Par ailleurs, deux délégations américaines non officielles devaient arriver en Corée du Nord. Elles espèrent pouvoir se rendre sur le complexe nucléaire de Yongbyon, à 90 km au nord de Pyongyang, ce qui constituerait une première depuis l?expulsion des inspecteurs de l?ONU il y a un an. Washington a pris ses distances avec ces groupes, soulignant qu?il ne s?agissait pas de missions gouvernementales.

Principal site nucléaire nord-coréen, Yongbyon est au centre d?une confrontation diplomatique avec les éats-Unis. Le régime a affirmé y avoir retraité 8 000 barres de combustible irradié pouvant produire suffisamment de plutonium pour fabriquer six bombes atomiques.

L?une des équipes américaines est dirigée par des collaborateurs de sénateurs, Keith Luse et Frank Jannuzi. L?autre est conduite par un spécialiste de la Chine de l?université Stanford. Elle comprend Jack Pritchard, ancien négociateur du département d?état avec la Corée du Nord, et le scientifique Sig Hecker, ex-directeur du laboratoire nucléaire de Los Alamos. Des responsables américains ont déclaré qu?elles seraient probablement entendues par des officiels après leur visite.

q 2 003 Le Monde ? AFP

Distribué par The New York Times Syndicate

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