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La corruption et l?ordre public inquiètent les patrons

21 février 2008, 00:00

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Le patronat est partagé entre appréhensions et optimisme renouvelé dans le climat des affaires. Ainsi se résume le sentiment qui transpire du sondage de la Mauritius Employers Federation (MEF) sur les «Business Trends» pour 2008.

Les appréhensions sont nombreuses. D?abord, au niveau de la loi et de l?ordre public (law and order), des problèmes d?infrastructures, de la congestion routière, de la flambée des prix des produits pétroliers et des denrées alimentaires sur le plan international. Autant de raisons pour que les entreprises affichent la prudence quand il s?agit de la «business situation».

La grosse majorité des entreprises qui ont participé au sondage de la MEF ne sont pas satisfaites des mesures prises pour combattre la corruption. «Clairement la communauté des affaires est mécontente du manque d?engagement de la part des autorités pour réduire et éliminer la corruption à Maurice», révèle le sondage.

La perception est qu?il y a trop d?ingérence et de contrôle du gouvernement dans les affaires économiques. La moitié des entreprises estime que la politique du taux de change affecte de façon négative leurs opérations et que cela décourage l?investissement.

Environ 60 % ont exprimé leur mécontentement au sujet du taux d?intérêt pour les prêts bancaires. Le coût élevé du financement est considéré comme un obstacle à l?investissement. «Il y a eu une baisse du taux d?intérêt. C?est bien, mais cette tendance doit continuer», explique Azad Jeetun, directeur de la MEF lors d?une conférence de presse tenue hier. Mookeshwarsing Gopal, président de cette fédération patronale ajoute, pour sa part : «Nous sommes en faveur d?une roupie stable, et non d?une roupie forte ou faible.»

Les autres préoccupations de la fédération patronale sont le manque de main-d??uvre qualifiée au niveau de l?encadrement moyen et des positions techniques et professionnelles. Cette situation, avec l?absence d?une culture industrielle et l?absentéisme, est une des principales contraintes à la productivité. Sans compter le problème de skills mismatch qui représente un obstacle à la croissance, même s?il est vrai que l?Empowerment programme a aidé grandement à la formation de personnes pour leur permettre de trouver un emploi.

<B>«Problème de l?absentéisme»</B>

Pour toutes ces raisons, la MEF estime indispensable la réforme de la législation du travail au plus vite. «Les réformes de la loi du travail aideront à améliorer la productivité, à attirer des investissements, à régler le problème d?absentéisme, à donner un nouvel essor à la formation et à favoriser la croissance. Les réformes doivent être faites de façon intégrale et non de façon partielle», dit Mookeshwarsing Gopal.

Le taux élevé de l?inflation et la baisse du pouvoir d?achat provoquent aussi des craintes au sein de la MEF. Toutefois, malgré ces problèmes, 44,6 % des entreprises sont plus optimistes quant à leur situation interne pour 2008, à comparer à 40,2 % en 2007. Cet optimisme s?explique par l?amélioration du climat macroéconomique, le taux de croissance dans certains secteurs, comme le tourisme, la construction, le textile, les services financiers, entre autres. D?autres opportunités s?offrent dans des secteurs émergents, comme la technologie de l?information et de la communication. Les résultats attendus en 2008 sont la hausse dans l?emploi, l?investissement, les exportations et les profits.

«L?économie bouge dans la bonne direction. Les entreprises ont retrouvé confiance et leur profitabilité est à la hausse. Il y a des emplois qui sont offerts mais il n?y a pas de chercheurs d?emploi», dit Mookeshwarsing Gopal.

Mais au niveau du climat d?affaires dans le pays, la situation se présente différemment. Seuls 13,4 % des entrepreneurs sont plus optimistes pour 2008, contre les 25,8 % qui l?étaient lors du sondage de l?année dernière. Quant à l?ambiance (mood) prévalant, 48,2 % pensent qu?elle reste inchangée depuis l?année dernière.

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