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La CID dessaisie de l?enquête alors qu?elle était ?près du but?
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La CID dessaisie de l?enquête alors qu?elle était ?près du but?
Dissension entre la Major Crime Investigation Team (MCIT) et la Criminal Investigation Division (CID). La CID estime qu?elle était sur le point de trouver la cachette des coupures lorsqu?elle a été dessaisie du dossier sur le blanchiment d?argent allégué. Au sein de cette unité, on soutient, du reste, qu?avant même que l?enquête ne soit confiée à la MCIT, celle-ci avait initié une enquête parallèle.
Des coupures abîmées de Rs 1 000 et Rs 2 000 ont, en effet, été présentées à la Banque de Maurice pour y être échangées. Ce qui a alerté cette institution financière. La police a été informée et elle s?est mise à enquêter sur la possibilité qu?il s?agisse des billets volés lors du hold-up à la Mauritius Commercial Bank en février 2005.
Les limiers de la CID avancent qu?ils étaient sur une bonne piste. Ils sont d?avis que toutes ces coupures auraient été dissimulées au même endroit étant donné qu?elles ont été abîmées de la même manière. Leur enquête, disent-ils, s?orientait de façon à les mener sur une piste susceptible de déboucher sur la cachette.
La décision de confier l?enquête à la MCIT revient au responsable du Central Criminal Investigation Department, l?adjoint au commissaire de police, Tangavel Seerungun. Elle est intervenue samedi. L?enquête était auparavant menée par l?assistant surintendant de police Geeanesswar Jootun. Dans les milieux concernés, on déclare que c?est la Financial Intelligence Unit qui a adressé une lettre au commissaire de police pour l?informer de l?affaire des billets abîmés.
Celui-ci aurait, à son tour, adressé une lettre à son adjoint Tangavel Seerunghun qui a ordonné à la MCIT d?enquêter. Il s?avère qu?au moment où le premier suspect, le comptable André Chung Chuen Yeung Wong Siew Siap, s?est présenté à la banque, un haut cadre de l?institution a averti un de ses contacts à la CID, qui a immédiatement réagi. Ce qui pourrait expliquer qu?il y ait eu deux enquêtes.
Dans les milieux concernés, on se demande si cette affaire n?aurait pas dû être référée à la commission anti-corruption, d?autant plus qu?elle est spécialisée dans la lutte contre le blanchiment d?argent. En revanche, la décision de placer cette enquête uniquement sous la supervision du chef de la MCIT, le surintendant de police, Prem Raddhoa, a provoqué des grincements de dents à la CID.
Par ailleurs, Hassenjee Agowan, le conseiller d?un ministre, a hier été convoqué par les limiers de la MCIT. Cela à la suite des allégations portées contre lui par un des suspects arrêtés dans le cadre de l?enquête sur le blanchiment d?argent présumé, Abou Bakar Kurmallee. Ce dernier allègue que c?est le conseiller qui lui a remis des billets abîmés en vue de les échanger.
<B>Remise en liberté</B>
Répondant à ces allégations, le conseiller Agowan a donné, hier, sa version des faits en présence de son avocat, Me Zakir Mohamed. Il déclare que son accusateur, de même qu?un nommé ?Gris?, sont arrivés à son bureau avec Rs 21 000 en 19 coupures de Rs 1000 et une coupure de Rs 2000. Abou Bakar Kurmallee lui aurait demandé des conseils sur la manière dont il pouvait échanger ces coupures abîmées en vue de les utiliser vu qu?il faisait face à des difficultés financières. Le conseiller affirme lui avoir dit de s?en remettre à la police. Il aurait même rédigé une note à cet effet. Hassenjee Agowan a été autorisé à partir après son interrogatoire.
Le cas du conseiller a également été abordé à l?Assemblée nationale hier. L?opposition a voulu savoir le salaire qu?il perçoit et s?il est éligible à une voiture de fonction. Le ministre Etienne Sinatambou a répondu qu?il touche Rs 10 000 et qu?il a été payé des heures supplémentaires depuis le 6 juillet 2005. Il a ajouté que le conseiller est autorisé à conduire la voiture de fonction du ministère, étant le chauffeur de la Mechanical Unit. A la mi-journée, l?opposition a aussi voulu savoir s?il avait été arrêté.
Les frères Alain Michael Salva, 32 ans, et Paulo Percy Salva, 35 ans, ont, pour leur part, été remis en liberté, la MCIT n?y ayant pas objecté. Les suspects ont versé chacun une caution de Rs 10 000 et une reconnaissance de dette de Rs 50 000. Alain Salva a retenu les services de Me Ashley Hurhangee tandis que son frère est représenté par Me Raouf Gulbul. Ils ont tous deux nié être impliqués dans cette affaire de blanchiment.
La remise en liberté sous caution de ces deux hommes n?a pas été accueillie de manière unanime au sein de la police. Les enquêteurs de la CID de Port-Louis Sud ne s?expliquent, en effet, pas la décision de la MCIT de ne pas y objecter et peinent à approuver leurs coéquipiers sur la question. Ils s?y étaient, eux, opposés en premier lieu. Les officiers de la CID se demandent aussi si les avoirs des protagonistes de l?affaire ont été vérifiés avant que la remise en liberté sous caution leur soit accordée.
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