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A la chasse aux mauvais herbicides
Herbicides d?origine douteuse, étiquettes absentes, de composition chimique ou des mesures de précaution. Le Conseil d?administration du Rose-Belle Sugar Estate (RBSE) compte y mettre bon ordre. Chemical House, le fournisseur montré du doigt, s?est vu annuler ses contrats après avoir été rapporté à la police pour non-respect des procédures légales. L?affaire a été évoquée ce mardi à l?Assemblée nationale.
A l?origine, les contrats d?herbicides pour RBSE s?élèvent à Rs 8 millions, étant donné le pullulement de mauvaises herbes dans cette zone très humide. A l?issue de l?appel d?offres lancé le 29 octobre 2005, sept fournisseurs postulent. Le Board décide de partager le contrat entre Chemical House, Roger Fayd?herbe, Kirsh et IBL Agro Chemical.
Cependant, le 13 mars, des problèmes sont relevés dans les champs par rapport à la composition d?un produit, le Durion. Une analyse effectuée par le Mauritius Sugar Industry Research Institute, à la demande du conseil d?administration, démontre que ce produit ne correspond pas aux spécifications.
En effet, interprétant le Dangerous Chemicals Act, un membre du Board avance que le conteneur d?herbicide doit indiquer sa composition, les instructions et précautions à prendre lors de toute manipulation par les employés dans les champs. Des analyses, par ailleurs, ont été commandées sur les herbicides fournis par les trois autres entreprises de même que le présent stock du RBSE.
Aussitôt les recommandations obtenues, le Board, à sa réunion du 17 avril, sous la présidence de Nirmala Nababsing, chef de cabinet au ministère de l?Agro-industrie, prend des sanctions contre Chemical House. D?une part, les contrats décrochés par l?entreprise sont annulés. L?affaire est référée au ministère de la Santé et à la police avec une déposition du directeur de RBSE, Suresh Mahadeo.
«Nous n?avons rien à nous reprocher. La police ne s?est pas encore manifestée pour prendre notre version. En fait, Chemical House a remis à l?établissement sucrier les herbicides tels qu?ils ont été acheminés de Chine», explique le directeur de l?entreprise, Ramkelawan Matikola.
Tout paiement en faveur de Chemical House a été stoppé. Qui plus est, l?entreprise sera appelée à rembourser la tranche initiale de Rs 114 000. La direction, dans une correspondance adressée à RBSE en guise de bonne foi a déjà signifié son intention de remplacer la cargaison défectueuse par une autre sous forme de granulés. «En dépit de notre proposition formulée à maintes reprises, la direction de RBSE n?est pas revenue vers nous», fait ressortir Ramkelawan Matikola. Chemical House pourrait cependant être contrainte de payer des sommes additionnelles représentant des pertes encourues par l?établissement.
«La pratique, auparavant, consistait à ce que l?entreprise reprenne son conteneur d?herbicide pour le remplacer par un stock respectant les normes chimiques. Elle est révolue désormais. Nous voulons donner le bon signal à tout le monde que cela ne se passera plus comme cela et tout se fera désormais dans la transparence», affirme un membre du conseil d?administration.
Cette affirmation rejoint celle du ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell au Parlement mardi : les années précédentes, «aucune analyse des herbicides n?était effectuée et les procédures n?ont jamais été clairement définies», a-t-il affirmé dans sa réponse liminaire suite à une interpellation de la député de l?opposition, Maya Hanoomanjee sur le sujet.
Pour éviter tout désagrément, le Board a décidé que les soumissionnaires devront obligatoirement présenter un certificat d?analyse, de même qu?un document attestant l?origine de leurs produits.
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