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La chasse au gaspillage d’énergie est ouverte
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La chasse au gaspillage d’énergie est ouverte
Les importations de pétrole de Mayotte augmentent proportionnellement au développement économique. Pour réduire la facture énergétique et réduire les risques de pollution, les pouvoirs publics planchent aujourd’hui sur l’utilisation d’énergies renouvelables. Les consommateurs sont quant à eux appelés à éviter le gaspillage.
Mayotte, de par sa topographie, ne peut guère espérer produire de grosses quantités d’électricité grâce à l’énergie hydraulique. Elle est donc, plus que la plupart des petites îles de la région, condamnée à importer toujours plus de pétrole pour faire tourner ses centrales thermiques. Mayotte Hebdo, qui consacre un dossier sur les énergies renouvelables, rapporte que depuis vingt ans, l’île connaît une croissance économique exceptionnelle qui a pour conséquence une augmentation proportionnelle de la consommation d’électricité.
En moins de trente ans, Electricité de Mayotte (EDM) est passée de 150 à 30 000 clients. Cette année, l’entreprise a produit 122 GWh contre seulement 77 il y a quatre ans, soit une augmentation de 58 %. En 1985, elle produisait aux heures de pointe 1 550 MW, aujourd’hui, c’est 24 500 MW qui sont nécessaires lors des pics de consommation. Or, 100 % de l’électricité consommée provient de la combustion d’hydrocarbures importés du Golfe puis stockés et brûlés aux Badamiers sur Petite Terre. Créée en 1987, cette centrale capable de produire 40 MW est pour l’instant la seule. Mais, un nouveau site de production devrait voir le jour en 2007 à Longoni sur la Grande Terre.
Bref, le pétrole va continuer d’affluer en toujours plus grande quantité au terminal du port de Mayotte. “Quand il y aura 10 ou 20 tankers qui viendront tous les mois, il y aura un vrai risque d’accident”, s’inquiète Mohamed Saïd le directeur de la délégation à l’environnement (DE) du conseil général. En 1985, Mayotte importait 2 000 mètres cubes de pétrole. Selon les projections, ce chiffre atteindra les 18 000 mètres cubes en 2008. Le spectre d’une marée noire hante les services concernés qui approfondissent depuis quelques mois la réflexion sur la possibilité de promouvoir les énergies renouvelables.
<B>En pull sous la “clim”</B>
Une étude réalisée en 2003 montre que les énergies renouvelables comme le vent, le soleil ou la combustion des déchets n’apporteront qu’une infime part des besoins de l’île. “Il ne faut pas se leurrer, estime Denis Girard, le directeur d’EDM. La production à base d’hydrocarbures représentera toujours 80 à 90 % de l’énergie produite ici”. En plus de la production d’énergies renouvelables, les pouvoirs publics mahorais devront insister sur la maîtrise de la consommation.
“Il n’y a pas ici une culture de l’économie d’énergie, déplore Mohamed Saïd. On pourrait réduire la consommation de 30 % si on faisait de meilleurs choix et que tout le monde s’y mettait.” Les pistes sont nombreuses. Il suffit par exemple d’être plus raisonnable en matière de climatisation. “Dans certains bureaux, il fait tellement froid que les gens qui y travaillent portent des pulls”, s’indigne le délégué à l’environnement. Le conseil général peut également promouvoir l’utilisation d’équipements peu gourmands en énergie comme les lampes à basse consommation.
L’étude sur les énergies renouvelables a passé en revue les différentes options. Il apparaît que l’utilisation d’éoliennes ne peut être rentable que six mois sur douze. Quatre sites ont cependant été retenus. Le soleil est porteur de plus d’espoir. La DE entend développer les chauffe-eau solaires, notamment dans les établissements publics. “La capacité solaire de Mayotte est exceptionnelle, insiste Mohamed Saïd. Des unités pourraient produire deux fois plus qu’en France et toute l’année”. Le photovoltaïque pourrait plus particulièrement servir à l’éclairage public. C’est un créneau à exploiter pour les communes.
EDM et la DE envisagent également la combustion de biogaz à la décharge de Hamada. “Il semble qu’il y ait une bonne capacité car 60 % des déchets à Mayotte sont biodégradables”, indique Mohamed Saïd. Toutefois pour concrétiser ce projet, il faudra que les Mahorais se mettent au tri sélectif des déchets.
<B>Le Quotidien de La Réunion</B>
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