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La Chambre de commerce peu optimiste
LA CHAMBRE de commerce et de l?industrie (CCI) brosse un tableau plutôt sombre de la situation économique du pays. Le discours du président sortant, Anil Currimjee, lors de l?assemblée générale, hier au Domaine Les Pailles, traduit une réelle inquiétude des opérateurs quant aux perspectives économiques.
Le faible taux d?investissement privé est la majeure source de préoccupation. ?Nous reconnaissons que le gouvernement a initié des actions pour promouvoir l?investissement. Mais cela n?est pas suffisant?, estime Anil Currimjee. Selon ce dernier, le niveau de l?investissement est insuffisant pour permettre une croissance durable. Ce constat diffère singulièrement des propos très optimistes exprimés samedi dernier par le gouvernement et les représentants du Joint Economic Council (JEC). Mais la CCI a choisi de ne pas faire mystère de ses craintes et appréhensions.
Le montant des investissements consentis par les entreprises n?a pas beaucoup évolué en cinq ans. L?année dernière, il se chiffrait à Rs20,9 milliards contre Rs 19,6 milliards en 1999. L?intervenant dit percevoir des signes d?amélioration, mais il reste prudent. ?A moins que ces signes ne se traduisent dans la réalité, nous allons réaliser des taux de croissance inférieurs à l?avenir.?
Le président sortant énumère les nombreux facteurs qui jouent contre la création et l?expansion des entreprises. Les goulets d?étranglement administratifs sont les principaux obstacles, selon lui, à la création de la richesse. La priorité des priorités, dira-t-il, est d?enlever ces entraves au plus vite car le temps presse.
Sur le plan de l?emploi, même si les appréhensions sont moindres, Anil Currimjee estime que le vrai problème est que les nouveaux jobs créés n?arrivent pas à compenser les pertes d?emplois dans la zone franche et dans le secteur sucrier.
L?assemblée générale de la CCI est le rendez-vous annuel du gratin des affaires à Maurice. C?est l?occasion pour certains responsables du gouvernement d?exposer leur politique pour l?économie devant les hommes d?affaires les plus influents du pays.
Intérêts divergents
Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, a axé son intervention sur les développements au niveau de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) et des entités régionales. Il explique que les intérêts des pays du G-90, dont fait partie Maurice, et ceux des grands pays en développement tels le Brésil et la Chine, ne sauraient êtres les mêmes. ?Il faut avoir une dimension de développement afin que les pays les plus pauvres et vulnérables puissent développer leur capacité à profiter de la libéralisation des marchés.? Jayen Cuttaree a d?autre part mis en garde contre les effets de la réduction des subsides à l?agriculture (effets traduits par des hausses de prix des produits agricoles) sur des pays comme Maurice qui sont des net food importers.
Le ministre de la Formation, Sangeet Fowdar, qui assume la suppléance à l?Industrie, a lui rejeté l?argument selon lequel la zone franche serait en crise. ?Les facteurs génériques qui affectent les entreprises ont été identifiés. Il faut une restructuration financière et de la production.? Il fait état de plusieurs plans initiés par les agences de support en vue d?accompagner les sociétés en difficulté à se refaire une santé. Le ministre Fowdar rappelle la responsabilité de l?entreprise dans cet effort. ?Dans la bataille pour la survie dans ce monde compétitif il faut un game plan approprié. Mais il restera lettre morte si les entreprises ne démontrent aucune volonté à mobiliser les ressources??
Le ministre du Commerce et des Coopératives, Prem Koonjoo, a pour sa part parlé principalement de la hausse du fret maritime et de ses possibles répercussions sur les prix à Maurice. Il a aussi évoqué la mise en place des institutions dans le but de promouvoir une concurrence saine dans le marché.
L?intervention de Joe Lesjongard, ministre du Logement, des Petites et moyennes entreprises (PME), de l?artisanat et du secteur informel, était centrée sur l?importance des PME dans la création d?emplois. Il met l?accent sur la nécessité des petits opérateurs de se professionnaliser.
Marday Venkatasamy, le vice-président sortant de la CCI assume la présidence pour l?année en cours. Il a déjà occupé cette fonction dans le passé. Il est le Managing Director de Filoa Ltd, qui fabrique des bracelets de montre.
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