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La CCI veut des mesures pour brider la consommation

24 mars 2006, 00:00

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?Des décisions douloureuses s?imposent?, soutient le président sortant de la Chambre de commerce et de l?industrie (CCI), Lloyd Coombes. La chambre préconise, entre autres, de juguler la consommation à travers des politiques salariales, fiscales et de taux de change.

Passant en revue la situation économique du pays, hier, à l?occasion de l?assemblée générale annuelle de l?institution, Lloyd Coombes a estimé que la situation est plus mauvaise qu?on ne le croit, mais que tout le monde n?en comprend pas vraiment la gravité. Car malgré le fait que plusieurs clignotants du tableau de bord sont au rouge, il existe un sentiment que les choses finiront bien par s?arranger.

Tandis que la croissance a plafonné à moins de 5 % pendant quatre années consécutives ? une première depuis l?indépendance ? la consommation ne cesse de croître. Celle des ménages augmente même plus vite que la croissance avec un taux de 16 % en 2005.

Dans la plupart des pays, la consommation ralentit quand les perspectives de croissance sont mauvaises. ?Ici, les consommateurs semblent avoir la rage de dépenser?, observe Lloyd Coombes. Et le gouvernement semble partager le même état d?esprit en dépensant beaucoup, malgré l?alourdissement du fardeau de la dette et du déficit public. ?La conclusion de cette analyse est que nous nous trouvons dans un pays qui s?essouffle, vivant au-dessus de ses moyens et qui ne peut pas ou qui ne veut pas faire les efforts nécessaires pour s?adapter aux besoins d?un environnement changeant en espérant que les choses vont évoluer positivement?, poursuit le président sortant de la CCI.

Lloyd Coombes reconnaît que le gouvernement a pris des initiatives pour redresser la situation. Il cite les efforts d?Enterprise Mauritius dans le textile-habillement, ceux du Board of Investment concernant le seafood hub et encore les initiatives du ministère du Tourisme pour améliorer l?accès aérien et aider l?industrie touristique. ?Néanmoins, compte tenu des énormes défis auxquels nous sommes confrontés, nous devons aller au-delà des initiatives sectorielles pour nous attaquer aux problèmes génériques d?une manière systématique?, poursuit l?intervenant.

Lloyd Coombes préconise des mesures drastiques pour réduire la consommation. Ce contrôle peut s?exercer à travers les salaires, la fiscalité et la politique de taux de change, estime-t-il. Pour lui, il est plus que jamais temps de revoir le concept de la compensation salariale annuelle basée uniquement sur l?inflation.

Dans la pratique, le taux d?augmentation des salaires est finalement plus élevé que la compensation, ce qui donne aux Mauriciens la possibilité de vivre au-dessus de leurs moyens. Cela leur donne aussi un faux sentiment de confort qui les pousse à dépenser plus que ne le permet leur pouvoir d?achat en puisant dans leur épargne. Résultat : le taux d?épargne baisse et la balance commerciale et la balance des paiements se détériorent.

Dans la même veine, la CCI estime qu?il faut aussi revoir le timing pour faire de Maurice un paradis hors taxes. La baisse des droits de douane dans le dernier budget a contribué à doper la consommation et les importations. Même si l?idée est bonne, le moment n?est pas opportun pour aller de l?avant avec l?île duty free.

Par ailleurs, Lloyd Coombes attire aussi l?attention sur le fait que non seulement l?investissement direct étranger (IDE) est insignifiant mais que les investisseurs mauriciens investissent de plus en plus à l?étranger. En 2005, l?IDE a été de Rs 1,3 milliard ? moins que les deux années précédentes ? tandis que l?investissement des Mauriciens à l?étranger a été d?un montant équi-valent. ?Pour la première fois, l?investissement net de l?étranger a été nul?, insiste Lloyd Coombes.

Tout en appréciant le travail abattu par le Fast-Track Committee du Premier ministre pour accélérer l?investissement, le président sortant de la CCI demande l?adoption rapide du concept de silent agreement évoqué l?année dernière par le ministre des Finances, Rama Sithanen.

Par ailleurs, c?est Donald Ah-Chuen qui a été désigné pour succéder à Lloyd Coombes à la présidence de la CCI.

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