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La calligraphie chinoise, un art à découvrir
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La calligraphie chinoise, un art à découvrir
Ce week-end, les Mauriciens qui répondront à l?invitation de la Chambre de commerce chinoise (CCC), la seule instance à organiser un Festival culinaire et culturel dans trois des principales rues de Chinatown, auront entre autres le loisir de découvrir toute la beauté de la calligraphie chinoise. La riche bannière de cet art millénaire sera portée par le calligraphe cantonnais Liang Dong Sheng, qui est aussi maître en kung-fu, tai-chi-chuan et autres danses du loup et du dragon.
Ayant troqué sa tenue de ville pour le costume traditionnel de soie blanche, le See Foo (maître) Liang Dong Sheng aligne son attirail d?artiste sur la table dans un silence quasi religieux : un tapis en laine peignée à rayures lui sert de gabarit, un porte pinceaux en bambou de Chine contient des pinceaux chinois de dimensions différentes à poils d?agneau, de loup et de renard. À côté, un encrier en bois à fond, dont la pierre est aussi dure que du silex. Et la fameuse encre de Chine, qui pour l?heure confère à la bouteille qui la contient la brillance du jais, et que l?on voit aussi, solidifiée en un délicat bâtonnet.
Pendant que les poils drus d?un énorme pinceau se ramollissent dans un verre d?eau chaude, Liang Dong Sheng déroule le tapis en coton peigné, sur lequel il étale une feuille de papier de riz qu?il lisse de ses mains. Après quoi, il verse le noir liquide dans l?encrier en le remuant constamment avec le bâtonnet d?encre solidifiée. Progressivement, le bout du bâtonnet fond et la substance dans l?encrier se densifie.
Une fois qu?il estime qu?elle a la consistance voulue, il saisit le pinceau aux poils devenus mous et trempe l?instrument dans l?encrier. Et, se tenant droit comme un i, il saisit le pinceau enduit d?encre, ferme les yeux comme pour invoquer une divinité invisible et se met à tracer des caractères immenses sur le papier en partant de la droite vers la gauche. Les signes sont nets et précis. Les caractères complétés, Liang Dong Sheng appose un sceau imprégné d?encre rouge sur la feuille et le contraste des couleurs est alors saisissant.
Depuis des temps immémoriaux, les peuples expriment ce qu?ils ressentent par des dessins. Les Chinois les ont d?abord gravés sur des os d?animaux, avant de le faire avec du bambou taillé. Avec l?avènement du papier, ils se sont mis à tracer des caractères à l?encre de Chine. Si chaque province chinoise avait sa calligraphie, l?empereur Quin Shihuang qui a unifié la Chine en l?an 221 avant Jésus Christ, a harmonisé la calligraphie dans tout le pays. Les dynasties qui lui ont succédé ont bien évidemment amélioré ces caractères aujourd?hui dénombrés à plus de 3 000.
Sérieux et fantaisie
En Chine, les calligraphes d?aujourd?hui ont des comptoirs dans les rues et leurs services sont régulièrement retenus pour exprimer des souhaits de bonne année, de prospérité, de bonheur, de longévité. L?encre noire est synonyme de sérieux et l?encre rouge de fantaisie.
Liang Dong Sheng explique que pour être un bon calligraphe, il faut pouvoir se concentrer et avoir de la précision dans les mouvements. ?La force de l?esprit et l?énergie intérieure font le reste ?, dit-il.
Samedi et dimanche, ce See Foo se produira dans le cadre de l?Heritage Court, à la rue Emmanuel Anquetil. Une expression artistique qu?il ne faut pas manquer tant elle est fascinante?
ORGANISATION
Tout un quartier mobilize
■ La CCC planche sur ce Festival culinaire et culturel dans Chinatown depuis l?an dernier et a choisi de le faire coïncider avec la fête des Mères pour attirer le plus grand nombre. Les manifestations culturelles auront lieu dès 18 heures dans les rues Royale, Sun Yat Sen et Anquetil dont le périmètre est défini par d?immenses lanternes chinoises rouges. Les restaurants situés dans ces rues prépareront pour l?occasion des délicatesses. L?objectif de la CCC est de redorer le blason de Chinatown et inciter les autres quartiers de Port-Louis à leur emboîter le pas.
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