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La Bastille : les victimes trop amochées pour parler

24 mai 2008, 00:00

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Agressées, jeudi à la mi-journée, à La Bastille, les trois victimes, internées au Detainees Ward de l?hôpital Nehru, Rose-Belle, n?ont toujours pas fait leur déposition. Elles sont dans l?incapacité de parler. Et leur état de santé inspire de vives inquiétudes. Leurs assaillants n?ont, également, pas été questionnés.

La Criminal Investigation Division de Vacoas s?est saisie de cette affaire, menée par le chef inspecteur Adjooah, sous la supervision de l?assistant commissaire de police, Anand Ramchandar. Le commissaire des prisons est, lui, injoignable alors que l?assistant surintendant Boodhee, responsable de la prison, s?est refusé à tout commentaire.

C?est jeudi, vers 12 h 25, que l?alerte est donnée par le personnel pénitentiaire de La Bastille. Ils auraient été alertés par le vacarme ? mélange de cris et d?insultes ? provenant de la cour numéro trois. Une fois sur place, ils assistent, ébahis, à une scène de violence. Trois détenus, notamment Reza Mohammed Hossenbaccus, Urshad Osman Beeky et Mohammed Talim Yadally, sont passés à tabac, à l?aide d?une barre métallique arrachée au stand d?une télévision et d?autres armes de fortune, par cinq autres détenus. Et le sol du yard est maculé de sang.

Il semblerait que les cinq détenus auraient facilement quitté leur yard pour se rendre dans celui de leurs victimes, le yard numéro trois. En fait, la cour de la prison est divisée en trois yards pour séparer les détenus. Mais ces yards, qui sont reliés par un couloir, ne sont fermés qu?à l?aide d?une simple serrure. Que les agresseurs ont simplement brisée à l?aide de leurs armes.

Toutefois, avant de s?en prendre à leurs codétenus, ils ont pris soin d?enfoncer un morceau de bois dans la serrure de la porte du couloir. Histoire de ne pas être dérangés dans leur basse besogne. Les trois victimes, prises au piège, sont rouées de coups.

les gardes-chiourme défoncent la porte

Les gardes-chiourme, une fois la porte défoncée, s?activent pour séparer les victimes de leurs assaillants. Le SAMU, prévenu, ne tardera pas arriver à la prison de Ph?nix. Les trois détenus blessés sont transportés d?urgence à l?hôpital Victoria, Candos, avant d?être transférés à l?hôpital de Rose-Belle.

Il semblerait qu?une vendetta serait au c?ur de leur agression. Leurs cinq agresseurs, notamment Jimmy et Tony Mootien, Iqbal Rose, Vincent Bhageenuth et John Abel Moussa, auraient tous été mêlés à l?agression mortelle de Steve Labonne en 2005, à la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest.

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