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L’Onu multiplie les appels en faveur de la paix au Soudan
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L’Onu multiplie les appels en faveur de la paix au Soudan
Alors que la capitale soudanaise Khartoum a connu une troisième journée de troubles, à la suite de la mort du chef sudiste John Garang, la communauté internationale a multiplié les appels au calme, mardi 2 août, pour essayer de sauver le processus de paix, dont l’ancien chef rebelle, devenu vice-président il y a à peine un mois, avait été l’un des artisans historiques après 22 ans de guerre. Au moins 84 personnes seraient mortes dans ces violences, selon le Comité international de la Croix-Rouge. 18 autres auraient également été tuées à Juba, dans le sud du pays, selon le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM).
A l’Onu, le Conseil de sécurité a tenu des consultations pour appeler les Soudanais à “restaurer la paix et le calme” et à préserver les accords de paix signés le 9 janvier. Les diplomates, qui avaient reçu Garang en février à New York, souhaitaient aussi s’informer des circonstances du crash de l’hélicoptère militaire ougandais dans lequel il a trouvé la mort avec treize autres personnes.
Comme l’avait fait la veille le secrétaire général Kofi Annan, le responsable des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a confirmé la thèse de l’accident.
Selon les informations recueillies par la mission de l’Onu sur place, le mauvais temps serait à l’origine du crash. L’hélicoptère était neuf et doté d’équipements permettant les vols de nuit, a ajouté le responsable.
La vie commençait, mercredi 3 août, à reprendre timidement son cours à Khartoum où les forces de sécurité ont renforcé leur présence après les émeutes meurtrières qui ont suivi l’annonce de la mort de John Garang. Mardi, la capitale soudanaise a connu une deuxième journée de violences, notamment dans le quartier de Haj Youssef où le dirigeant sudiste a vécu. Des magasins ont été attaqués et des voitures incendiées, selon la radio officielle. Des affrontements ont opposé Soudanais du Nord et du Sud. Selon des témoignages, des nordistes en colère auraient tué deux sudistes dans la banlieue nord de la capitale. Le centre de la ville, quadrillé par les forces de l’ordre, est resté calme. Le Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM) fondé par John Garang a décrété cinq jours de deuil et annoncé que son chef serait enterré samedi à Juba (Sud).
Les diplomates sont inquiets pour la poursuite des négociations de suivi de l’accord global de paix, prévues à la fin du mois à Abuja, au Nigeria. Ils espèrent que ces discussions ne seront pas remises en cause, ne serait-ce qu’en raison des rivalités internes dans les mouvements du Sud.
Côté américain, l’administration s’est attachée à nouer les contacts avec les représentants de l’ancienne rébellion pour essayer de calmer les inquiétudes. De Chine, où il est en visite, le numéro deux du département d’Etat, Robert Zoellick, a appelé le nouveau chef du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM), Salva Kiir Mayardiit, l’un des plus proches compagnons de Garang. Condoleezza Rice a appelé la veuve du dirigeant rebelle, Rebecca.
Elle a aussi envoyé sur place deux responsables de son ministère, pour tenter de maintenir le processus de paix sur des rails. Les deux émissaires devaient arriver directement au Soudan du Sud mercredi pour prendre contact avec Salva Kiir.
Le porte-parole du département d’Etat, Tom Casey, a fait preuve mardi d’un relatif optimisme, soulignant que le gouvernement, tout comme les mouvements sudistes, avait réitéré son attachement au processus de paix.
<B>Rébellion</B>
Depuis un an, l’administration Bush s’est fortement impliquée dans la conclusion de l’accord de paix Nord-Sud, ainsi que dans la recherche d’un règlement de la crise du Darfour, la province de l’Ouest. La secrétaire d’Etat était elle-même au Soudan il y a deux semaines.
Les mouvements évangéliques chrétiens américains ont aussi réagi avec émotion à la disparition de Garang. L’influence des chrétiens a toujours été déterminante dans le soutien de Washington à la rébellion du Sud, qui avait relancé la guerre contre le Nord après que le régime de Khartoum eut proclamé la charia, la loi musulmane, en 1983.
Selon leurs détracteurs, le soutien des évangélistes s’est souvent effectué au détriment de la dénonciation des violations des droits de l’homme et de la répression commise par John Garang lui-même contre ses opposants.
<B>Corine LESNES</B>
L’ÉLARGISSEMENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ
<B>L’Union africaine débat de la réforme de l’Onu</B>
■ L’Union africaine s’est réunit hier en Ethiopie pour un sommet d’une journée dédié à la formulation d’une position commune sur la question épineuse de l’élargissement du Conseil de sécurité de l’Onu. Sous la protection de milliers de policiers déployés dans les rues de la capitale éthiopienne, les chefs d’Etat et autres représentants des quelque 53 pays de l’UA devaient entamer leurs discussions à 08h00 GMT.
Des délégués du Brésil, de l’Allemagne, du Japon et de l’Inde – quatre Etats (G4) aspirant à un siège de membre permanent au Conseil de sécurité – devraient également être présents. Ils recherchent le soutien des pays africains à leur projet d’élargissement du Conseil, qui compte actuellement 15 membres. Le Nigeria, actuel président de l’UA, est favorable à un compromis formulé le mois dernier par plusieurs pays africains et le G4. Mais plusieurs membres de l’UA, notamment en Afrique du Nord, y sont opposés.
“Ne vous attendez pas à une position unifiée, malgré les efforts réalisés pour satisfaire le G4”, a déclaré à Reuters, à New York, l’ambassadeur de l’Algérie à l’Onu, Abdallah Baali.
James Jonah, ambassadeur de la Sierra Leone auprès des Nations unies, doute lui aussi qu’un véritable consensus émerge de ce sommet, convoqué à la hâte.
Pour espérer réunir le soutien des deux tiers de l’Assemblée générale - qui compte 191 membres –, nécessaire pour modifier la composition du Conseil de sécurité, le G4 a besoin d’être soutenu par une bonne partie des pays de l’UA. Actuellement, le Conseil de sécurité compte 15 sièges, dont dix, attribués par régions, sont attribués par rotation pour une période de deux ans, et cinq sont occupés par des membres permanents disposant d’un droit de veto: les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France et la Grande-Bretagne.
Le projet présenté par le G4 prévoit l’élargissement du Conseil de sécurité à dix membres supplémentaires: six membres permanents sans droit de veto - quatre qu’ils se réservent et deux pour des pays africains - et quatre sièges tournants attribués pour une durée de deux ans.
L’Union africaine souhaite pour sa part que le Conseil de sécurité compte 26 sièges, soit un de plus que dans la proposition du G4 – un siège non permanent. Dans son projet toutefois, les six nouveaux membres permanents disposeraient eux aussi d’un droit de veto.
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